Alice au Pays des Merveilles

Alice au Pays des Merveilles
2010
Tim Burton

Recherche introuvable ? Eh bien oui, persuadé d’avoir écrit cette critique depuis longtemps, je me suis rendu compte que non, mon site étant sorti après mon visionnage du film. Soit, il m’avait semblé avoir bien apprécié le film, alors comblons d’emblée cette lacune. Nous étions en 2010, le monde accueillait alors avec un engouement sans pareil la 3D démocratisée avec Avatar, Johnny Depp ressortait tout juste de la première trilogie Pirates des Caraïbes qui avait fait de lui la plus grande star de la planète, et l’idée de voir la grand Tim Burton réadapter l’univers psychédélique Lewis Carroll semblait d’un naturel absolu. Tous les ingrédients du succès étaient donc réunis, et avec plus d’un milliard au box-office et quelques prix artistiques glanés aux Oscars, on peut dire que la réussite fut totale. Mais en réalité, le film a surtout jouit de très belles circonstances.

À la fois réadaptation et suite de l’histoire qu’on connaissait du film d’animation de Disney, le film mettra Alice (Mia Wasikowska), devenue adulte, face à ses anciennes chimères fantasmagoriques. Devant faire face aux obligations maritales propres à la bourgeoisie de l’époque victorienne, elle va prendre la fuite en suivant un étrange lapin lapin blanc portant un gilet et une montre à gousset, tombant ainsi dans son terrier. Elle va alors se retrouver dans le Pays des Merveilles, vague souvenir de son enfance, où le peuple est à la recherche d’une certaine Alice qui pourrait tuer le Jabberwocky, délivrance qui mettra fin au règne de la vile Reine de Cœur (Helena Bonham Carter). Est-elle vraiment la Alice capable d’un tel exploit ?

Je me demande vraiment après coup ce qui a pu autant m’enthousiasmer à l’époque… Bien sûr, nombre de choses ont changé depuis la sortie du film : la 3D est devenue encombrante et la star du film, anciennement synonyme de succès éclatant, enchaîne désormais les bides à force de faire inlassablement les mêmes rôles d’excentriques usants. Mais de toute façon, déjà à l’époque ces problèmes pouvaient se sentir, notamment en ce qui concerne le Chapelier fou, intéressant par bien des aspect, notamment niveau design (exception faite de ses fausses dents du bonheur au noircissement bien trop visible), mais qui est profondément creux, à l’humour fade et à la gigandélire désarmante. Un problème qui touche en réalité tous les personnages, soit parce que leur modélisation est douteuse (pour un film de 200 M$ de budget le résultat est quand même par moments très indigne), ou parce que l’acteur derrière paraît vide, notamment le valet, à la démarche saccadée, ou la Reine Blanche (Anne Hathaway), à l’utilité encore inconnue. Heureusement, les décors sont plutôt très beaux, d’autant plus grâce à la réalisation, classique mais classe, très film d’aventure. Mais en dehors de ça, l’histoire n’a pas un impact terrible, recyclant l’éternelle prophétie avec son élue qui vient sauver son monde. La folie de l’histoire est très mal maîtrisée, le vocabulaire n’ayant pas la même plussoyance que « fleurpageons les rhododendrons », et l’humour tombant souvent à plat. Le spectacle est à peu près assuré, mais rien ne convainc vraiment, la force de l’univers et des décors devant faire face à certaines erreurs de modélisation ou de design, l’intérêt de personnage au vide créatif, de même que l’histoire, à l’écho imperceptible et aux mécanismes désuets. Un film qui avait toutes les cartes en main pour entrer dans la légende, mais qui déçoit par son absence de profondeur et ses choix douteux. La suite prévu pour l’été 2016 n’a rien de très excitant, mais tout reste possible si un effort est consenti au niveau créatif.

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