La Traversée du temps

La Traversée du temps
2007
Mamoru Hosoda

Premier vrai film de Mamoru Hosoda après deux films de commande (Le premier de Digimon et le sixième de One Piece), cette adaptation du célèbre roman éponyme de 1965 de Yasutaka Tsutsui fut un grand succès critique, remportant nombre de prix dont presque tous les japonais portant sur l’animation. Vu les excellents films qu’il a fait par la suite, j’étais curieux de voir les débuts du réalisateur, d’autant que le voyage dans le temps est un sujet fort et au potentiel illimité.

Alors que l’été arrive et que l’heure sera bientôt à choisir son orientation universitaire, la jeune Makoto va mourir écrasée par un train suite à l’abandon des freins de son vélo. Du moins c’est ce qui aurait dû se passer. Au moment de l’impact, Makoto s’est subitement retrouvée quelques minutes plus tôt, alors en mesure d’éviter l’incident. Un saut dans le temps improbable et pourtant, d’après sa tante ce genre d’événements arrive de temps à autre, et c’est un pouvoir tout à fait maîtrisable. La voilà maintenant en pleine possession de sa vie, pouvant la modeler comme bon lui semble.

Si finalement l’histoire de famille est écartée, ou tout du moins pas approfondie ni utilisée, la base n’est pas sans rappeler l’excellent Il était temps, certes sorti après et ne pouvant pas être prit comme référence. Néanmoins la comparaison ne tourne pas en son avantage, la construction de l’histoire laissant à désirer. Il n’est pas nécessaire d’expliquer l’origine du pouvoir, le mystère peut tout à fait rester entier, mais tout va partir en vrille avec l’histoire du visiteur du futur. Le fait qu’un principe soit à la fois régit par la magie et par la science le rend incohérent, et la raison de la présence de cette personne n’a aucun sens : juste pour voir un tableau. Sérieux ? Avec le pouvoir de voyager dans le temps c’est tout ce que cette personne trouve à faire ? Le motif du départ est tout aussi flou, transformant peu à peu une magnifique histoire en essai un peu foireux. C’est d’autant plus regrettable qu’à l’exception de la forme des personnages quelque peu disproportionnée, le film est excellent sur nombre de points. Les décors et la musique sont magnifiques, le casting vocal sympa (les deux principaux sont Tomoko de GTO et Joker de Mass Effect), les personnages attachants, et l’ambiance est particulièrement réussie, d’une simplicité reposante. Mais voilà, l’histoire ne tient pas la route, et vu le sujet c’est d’autant plus dommageable.

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