La Maison bonnadieu

La Maison bonnadieu
1951
Carlo Rim

Parce que le cinéma, ça n’est pas que des grosses productions dopées aux effets-spéciaux, et parce que son invention ne remonte pas à hier, voici un joli petit film de la belle époque. Celle où le chômage ne concernait que les fainéants, celle où tout le monde se faisait confiance, celle où un homme motivé pouvait partir de rien et atteindre des sommets. Bref, une époque magnifique où tout semblait possible, où la joie de vivre était omniprésente, où l’on pouvait taquiner les deux litres de vin par jour sans être traité de poivrot. Un rêve éveillé où les femmes étaient belles et attendaient bien sagement à la maison le retour du providentiel mari ? Non, ça non.

Ah les salopes ! Toutes plus dévergondées et immondes les unes que les autres ! Pour Félix Bonnadieu (Bernard Blier), tout commença par sa femme se plaignant de troubles du sommeil, lui demandant alors de dormir jusqu’à nouvel ordre dans la chambre d’ami pour qu’elle se « rétablisse ». Mais en réalité, il s’agissait d’un subterfuge pour permettre à son amant de la rejoindre la nuit. Ainsi dont il était cocu, et même l’intimidation ne suffisait pas à décourager son briseur de ménage, prit en flagrant délit et menacé d’être jeté en pâture à la police pour cambriolage, mais ne l’empêchant pas de récidiver. Son amour pour sa femme étant toujours entier, il va néanmoins tenter de la récupérer, car si la ville entière s’est faite cocufiée sans broncher, ça ne sera pas son cas.

« Si tous les cocus se suicidaient, il n’y aurait plus personne pour les enterrer. » D’aucun pouvaient supputer que la récente émancipation de la femme avait bouleversé la donne question infidélité, que jusqu’à présent cela ne concernait que les classes bourgeoises où le mari se tapait ses secrétaires et autres hôtesses d’accueil lors des déplacements professionnels, mais pas du tout. Si l’homme est un porc, la femme est une truie bien plus sale. Avec un vieux film en noir et blanc sur une période qui amène à tant de nostalgie, le choc est encore plus violent quand on constate avec quelle désinvolture les femmes s’adonnent à des plaisirs immoraux. On tombe des nues, et avec la bonne bouille de gentil candide du héros, le contraste est saisissant. Malheureusement, notre bon vieux tonton flingueur est à peu près le seul bon acteur du film, mais comme il est présent dans presque chaque scène, ça passe. Le film nous régalera aussi de tirades magnifiques comme « je n’aime pas assez ma femme pour la tromper » et surtout la précédente sur les cocus. Pourtant, le bilan n’est pas si idyllique. La situation met du temps à s’installer, elle stagne à de nombreuses reprises, n’a pas de réelle conclusion, et le film est beaucoup trop long. Un bon moment en perspective tout de même, et l’idée de base est amusante.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.