Daredevil – Saison 01

Daredevil
2015
Drew Goddard, Steven S. DeKnight

Quand le média Netflix est arrivé avec son service de vidéo à la demande, tout le monde a rit un bon coup, se disant qu’entre le service publique et internet, un abonnement payant n’avait aucune chance. Aujourd’hui, leur côte en bourse a connu la plus grosse progression de l’histoire, compte désormais comme l’une des entreprises les plus importes au monde, et le public n’a de cesse que de saluer la qualité à peine croyable des programmes proposés. Entre des films d’envergure en exclusivités et des séries originales comme Daredevil qui se pose comme l’une des 10 séries les plus appréciées de tous les temps, l’engouement n’est pas près de s’arrêter. C’est d’ailleurs de cette dernière dont il est question aujourd’hui, réussissant l’exploit de fédérer les foules comme jamais alors que jusqu’à présent, le justicier aveugle n’avait connu que deux adaptations, toutes deux cinématographiques, la première ayant eu son petit succès mais avait globalement était mal accueillie (qu’il me semble avoir pourtant adoré à l’époque, cela demande vérification), tandis que la seconde fut jugée tellement ignoble qu’elle ne fut jamais montrée au publique.

Dans cette première saison de treize épisodes de 55 minutes, on découvre le cheminement d’un héros, Daredevil / Matthew Murdock (Charlie Cox), un avocat aveugle d’apparence inoffensif, mais qui devient le masque noir la nuit tombée, un justicier de l’ombre qui tente d’éradiquer le crime dans la ville de New-York, et tout particulièrement à Hell’s Kitchen. Le jour il tente de faire le bien à l’aide de son ami Foggy (Elden Henson) avec qui il tient un cabinet, épaulé par leur assistante Karen Page (Deborah Ann Woll), tendis que la nuit il traque les oppresseurs grâce à son don. Quand il était petit, il a peut-être perdu la vue, mais tous ses autres sens se sont multipliés, et son audition lui permet d’entendre à des centaines de mètres à la ronde, d’analyser le comportement humain en écoutant le rythme cardiaque, ou encore se déplacer à l’aide d’une espèce de sonar ultra développé. Cela fait de lui un adversaire redoutable, et il pourrait bien causer beaucoup de tord aux mafias locales, dirigées par Wilson Fisk (Vincent D’Onofrio), qui souhaite voir brûler la ville pour mieux renaître de ses cendres.

Voilà pourquoi les gens ont adoré The Dark Knight et pourquoi ils ont peu à peu délaissé Smallville : un super-héros, oui, mais le réalisme c’est mieux, et s’il peut éviter de mettre dix saisons pour devenir le symbole qu’on attend, ça soulage. Rassurez vous d’emblée, le Daredevil qu’on attendait arrive dès la première saison, et mieux encore, le justicier sévit déjà dès le premier épisode, même si ça n’est que sous une forme balbutiente. Ainsi, c’est par le biais de flash-back qu’on découvre l’origin story, permettant de donner plus d’impact à certains passages de par l’attachement déjà acquis des personnages. Une narration plus efficace donc, et le dynamisme s’en retrouve amélioré. L’histoire est d’ailleurs très intéressante, car à l’image de la trilogie Batman, le héros n’a, à proprement parler, pas de super-pouvoirs (certaines personnes sont réellement capables de voir par sonar et d’entendre aussi nettement des sons si éloignés), de même que les antagonistes qu’il affronte, et la série baigne dans une même ambiance réaliste et sombre des plus réussies. Le coup des mafias russes et asiatiques n’est pas bien heureux, mais avec un super-vilain aussi charismatique, on en perd pas une miette. Concernant les acteurs, comptant dans leurs rangs Rosario Dawson dans un rôle assez important, le niveau est vraiment excellent. Professionnellement irréprochable et artistique très abouti, bénéficiant d’une réalisation très esthétisée pour de la télévision, la série démarre donc sur les chapeaux de roue, réussissant à se hisser au niveau des plus grands modèles du genre. Une seconde saison débarquera l’an prochain, et si la qualité se maintient, le phénomène pourrait bien perdurer un bon bout de temps.

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2 Responses to Daredevil – Saison 01

  1. Julien says:

    Ça a beau être très bien fait, et avec de supers acteurs, il n’en demeure pas moins que Daredevil est l’un des super héros les plus nazes de tous les temps !
    Tous les gamins ont rêvé d’être Batman ou Superman… personne n’a jamais voulu être DareDevil (à part les aveugles peut-être).
    Et niveau cohérence, merci ! « certaines personnes sont réellement capables de voir par sonar et d’entendre aussi nettement des sons si éloignés »… faux ! Personne n’est capable d’entendre un cœur battre sans coller son oreille à la poitrine du gars, et pour ce qui est du sonar, il n’y a qu’un seul cas connu, et le type est « obligé » de faire des claquements de langue sans arrêt pour se repérer.
    Bref, même si la série est très bien faite, ça ne me donne pas du tout envie de la voir !

    • Antoine says:

      C’est justement ça qui le rend si intéressant et unique : c’est le tout premier super-héros auquel on n’a pas envie de s’identifier ou de ressembler, le libérant de la pression de déification et laissant plus de place aux autres protagonistes. Niveau cohérence c’est effectivement pas sans failles, mais ça reste quand même vachement plus réaliste que la mêlée.

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