À la merveille

À la merveille
2013
Terrence Malick

Réalisateur pour le moins peu prolifique avec moins de dix films en plus de 40 ans de carrière, Terrence Malick a souvent été critiqué pour ses montages mollassons, ses plans bien trop longs, et une durée ressentie interminable. Le seul film de lui dont je me souvient étant sa sublime vision de l’histoire de Pocahontas, Le Nouveau monde, qu’il faudra que je me refasse à l’occasion, je pensais le problème exagéré, mais on est en fait très loin du compte.

En voyage en France, l’américain Neil (Ben Affleck) va croiser le chemin d’une gitane : Marina (Olga Kurylenko). Tombé sous son charme, il va passer avec elle des vacances magnifiques, et elle va elle aussi tomber folle amoureuse, au point de lui demander de la ramener elle et sa fille avec lui dans ses bagages, ce qu’il va accepter. Mais voilà, une fois de retour chez soi, les souvenirs de vacances sont parfois un peu encombrants…

Identifier les aspects non dérangeants du film n’est pas aisé. Commençons déjà par le problème le plus évident et insupportable : la durée. Officiellement d’une durée de 1h50, il m’aura fallut, pour éviter de sombrer dans un sommeil irréversible, près de quatre heures pour en venir à bout tant cette lenteur est éreintante. Les séquences sont trop longues, souvent inutiles, très peu de dialogues viennent les dynamiser, remplacés par d’ennuyeux monologues pseudo philosophiques, et puis surtout l’histoire est inintéressante. Une histoire d’amour en soit, c’est bien, mais avec des personnages aussi mal écrits et salement interprétés, c’est lourd. En quasiment 1700 films sur ces cinq dernières années, je n’ai jamais vu un personnage aussi vide que celui de Ben Affleck, incapable de la moindre expression faciale autre qu’un sourire forcé à la con, et son regard inspire le néant. Sa partenaire n’est pas tellement mieux non plus, paradoxe ambulant entre son état de dépressive chronique amorphe et ses pas de danse intempestifs, laissant perplexe quant à la vision de la France du réalisateur. Parmi les autres ayant survécu au montage (la liste des stars coupées au montage est une aberration), le bilan est tout aussi consternant : Rachel McAdams n’est qu’un passe-temps purement oublié la seconde d’après son apparition, quant au religieux incarné par Javier Bardem, on se demande encore où voulaient-ils en venir. La vision aérienne et hallucinée de l’histoire aurait pu aboutir à une expérience unique et intrigante, mais avec une écriture presque aussi minable que le jeu des acteurs, ça n’est que pure souffrance.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.