Les Profs 2

Les Profs 2
2015
Pierre-François Martin-Laval

Excellente bande-dessinée populaire, Les Profs a connu une adaptation au cinéma qui fut l’un des plus gros succès de l’année 2013 avec quasiment quatre millions d’entrées. Un carton monumental, et pourtant ça n’était qu’une simple comédie tout juste amusante. Un phénomène dont la suite des événements a confirmé l’origine : l’élève Boulard (Kev Adams), dont l’interprète fait vendre comme aucun autre avant lui n’a réussi. La preuve en est avec son tout juste divertissant Aladin qui a lui aussi fracassé le box-office, mais qui reste infiniment meilleur que cette suite maladroite qui a pourtant fait un malheur avec 3,4 millions de spectateurs.

Après avoir « fidèlement » situé l’histoire dans un lycée parisien, on passe ici de l’autre côté de la manche. Ayant réussi miraculeusement à faire avoir leur BAC à presque tous les élèves du pire lycée de France, Antoine Polochon (Pierre-François Martin-Laval), Cutiro (Didier Bourdon), Gladys (Isabelle Nanty) et les autres profs vont être choisit par la reine d’Angleterre pour remettre sur le droit chemin sa petite fille, élève indiscipliné qui a raté son diplôme l’an passé. Direction la Grande-Bretagne !

La suite d’un film tout juste moyen ne laisse que peu d’espoir, surtout aux vus des conditions de sortie dudit film. À l’heure des gros blockbusters tournés deux ans avant la date de sortie, avec des bandes-annonces plus d’un an avant la sortie (voir deux ans pour les plus gros avec les mini-teaser), il est inquiétant de constater que le film était encore en tournage quatre mois avant la sortie, avec un premier extrait à peine moins d’un mois avant la sortie. Un bâclage sans nom ? Absolument, surtout sur la première partie. Nous dévoilant l’intrigue navrante, l’intro donne le ton, enchaînant les vannes abrutissantes et les gags pitoyables. On verse dans du cliché pur et dur, nous livrant le stéréotype le plus assommant qu’on ait pu voir sur les anglais. Les acteurs en font des caisses, les situations sont disproportionnées et nous fatiguent d’emblée. Gag après gag, on subit, on désespère. Puis finalement, arrivé à la seconde moitié, on observe un léger sursaut. Boulard fait quelques vannes amusantes, Cutiro initie certaines trouvailles, et on se surprend même à sourire à plusieurs reprises. Une petite brise qui fait du bien, mais le mal était déjà fait, et ça n’est pas non plus le sauvetage du siècle. Du travail de minable, fainéant à outrance, se reposant sur des bases bien frêles qui n’ont pas supporté une écriture si vide. Le pire, c’est que la porte est grande ouverte pour un troisième épisode, et on a en plus confié l’adaptation de Gaston à cet incapable de réalisateur. Ça promet…

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