The Big Short : le Casse du siècle

The Big Short : le Casse du siècle
2015
Adam McKay

En mai 2007, alors que toutes les bourses mondiales étaient à leur plus haut niveau historique, que les banques dégoulinaient d’argent et que les traders se goinfraient de bonus à plus de six zéros, le monde entier est tombé des nus en se rendant compte que les prêts immobiliers accordés à l’infini aux américains n’étaient plus remboursés à cause d’un taux variable dont l’indexation a rendu la créance insurmontable pour bon nombre de ménages. Cette crise du « subprime » a dévasté l’économie mondiale, et nombre de personnes y ont perdu énormément, dont beaucoup ne s’en remettront jamais. Les spécialistes du milieu disaient pourtant à l’époque que c’était le marché le plus sûr, soutenus par les banques, le gouvernement et les agences de notation. Un système corrompu jusqu’à la moelle, mais une poignée de personnes y a vu clair.

Histoire vraie détaillée dans le livre de Michael Lewis dont le film est l’adaptation, on suivra les parcours de Michael Burry (Christian Bale), gérant d’un fond de placement qui fut le premier à découvrir l’escroquerie sur laquelle reposait les prêts immobiliers ; Mark Baum (Steve Carell), un banquier désireux de voir ses corrompus de concurrents payer pour leurs crimes ; Jared Vennett (Ryan Gosling), un courtier avide ayant eu vent des théories de Burry et souhaitant récupérer le pactole ; et enfin Ben Rickert (Brad Pitt), un ancien businessman qui va ressortir de son trou pour aider deux jeunes souhaitant eux aussi surfer sur la découverte de Burry.

Mettre aux commandes d’un film sur la pire catastrophe économique de l’histoire un réalisateur de comédies pouvait sonner comme une mauvaise blague, mais c’est en réalité une très bonne idée que d’en faire un budy-movie décontracté. Point de faux suspense, n’importe qui ne vivant pas dans une grotte a subit de plein fouet la crise, alors autant présenter ce film de façon cool, en montrant des visionnaires qui s’en sont mit plein les fouilles en pariant contre un système pourri. Partant de ce principe, le film nous propose un divertissement aux allures de braquage, reposant sur des outsiders charismatiques, très bien interprétés, qui jugent très sévèrement le système, dressant un portrait très cru et alarmiste sur le model actuel du capitalisme. Du cynisme qui fait merveille, et en plus, sans trop nous moraliser, le film nous instruit assez bien. Sans entrer trop en détails, il nous explique clairement et joyeusement les raisons de l’effondrement des subprime, prêts basés sur des CDO empoisonnés qui ont rongé un système totalement incontrôlé. Un peu à l’image du récent Margin Call, le film nous plonge avec brio dans le monde de Wall Street. On émettra quelques réserves sur la réalisation, le montage et certaines sous-intrigues, mais c’est du bon boulot.

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