Le Garçon invisible

Le Garçon invisible
2015
Gabriele Salvatores

Eh oui, parce que les américains n’ont pas le monopole des super-héros. Presque pas diffusé en France avec un peu moins de dix-mille entrées recensées et n’ayant de toute façon pas atteint le million dans le monde, le film a au moins le mérite d’exister : une espèce de X-Men made in Italie. Le succès ne fut pas au rendez-vous et la gamme de comics qui a suivi n’y changera rien, coupant court à l’ambition d’une saga, mais qu’importe.

L’adolescence c’est difficile, surtout quand on ne sait pas très bien réagir face aux situations. Victime toute désignée, le jeune Michele subit brimade sur brimade, a perdu son père, mort dans l’exercice de sa fonction de policier, sa mère ne s’occupe pratiquement plus de lui, ses notes en classe sont désastreuses, et il aime secrètement une camarade qui se moque bien de lui. Au cours d’une soirée des plus humiliante, son pouvoir dormant va se révéler : son don d’invisibilité.

Que fait quelqu’un d’invisible ? On se le cache pas, après la triche / le vol, l’un des intérêts principaux serait le voyeurisme bien dégueulasse, et c’est exactement ce que va nous apporter le film, surtout qu’on parle d’un adolescent en pleine ébullition. La gestion du pouvoir est donc pas mal avec un costume qui apporte les pouvoirs, mais qu’en toute logique le tissu ne devient pas invisible à son tour, l’occasion de scènes très cocasses. Puis c’est le revirement total, c’était en fait une fausse piste d’origin story et on se retrouve dans un camp militaire expérimental russe qui nous ressort une espèce de soldats X-Men, nous apportant une nouvelle vision sur l’arrivée des pouvoirs plus « scientifiques » que fantastiques. C’est un peu bancal et le film n’a pas tellement les moyens d’une telle ambition, mais on s’y fait et on s’en sort bien au final. Le mélange film d’enfant / film de super-héros marche pas trop mal, on retrouve plein de bonnes idées, d’autres très éculées, et de même, la gestion de l’invisibilité est esthétiquement réussie, tandis que d’autres effets spéciaux passent moins bien. Un film entre deux eaux qui aurait mérité un meilleur budget et une écriture plus mature, mais un tel OVNI inattendu se doit de ne pas être ignoré.

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