Spotlight

Spotlight
2016
Tom McCarthy

C’est de notoriété publique, les prêtres, et plus généralement tous les membres du clergé, sont des pédophiles en puissance, avec une grosse propension d’homosexuels. Mais en fait d’où vient cette réputation dégueulasse et est-elle vraiment fondée ? Petit film dont on avait vite fait entendu parler, le film qui revient sur les origines du scandale a commencé à faire du bruit dans certaines cérémonies avant de créer la surprise en raflant le prix du meilleur scénario, et surtout le prix suprême du meilleur film de l’année lors des derniers Oscars. Un bon film certes, mais la récompense sonne un peu politique tant sa nomination était déjà discutable.

En 1993, un scandale avait secoué l’Amérique : l’histoire d’un prêtre qui avait abusé de plusieurs petits garçons. Une sordide histoire qu’on prenait pendant longtemps pour un cas isolé, mais il n’en est rien. Huit ans plus tard, un nouveau cas s’était présenté, d’apparence encore isolé, mais le nouveau responsable du Boston Globe (Liev Schreiber) va être intrigué par certaines ressemblances entre les deux affaires : même avocat, même procureur, même cardinal, et même impunité du pasteur des années durant. Sentant que l’histoire pourrait être bien plus grave que ce qu’il semble, il va mettre l’équipe de Spotlight (Michael Keaton, Mark Ruffalo et Rachel McAdams) sur le coup, unité de choc chargée de traquer des affaires aussi longtemps que nécessaire, même si cela doit se compter en années.

Le sujet est bon et le casting exceptionnel (avec en prime Stanley Tucci), mais il ne faut pas oublier que c’est du cinéma d’auteur (au tout du moins pas du mainstream) dont la sortie fut dans un premier temps confidentielle, glanant quelques salles supplémentaires au fil des semaines jusqu’à devenir un petit succès suffisant pour déclencher une sortie mondiale. Personne ne pouvait alors prévoir la stupéfiante carrière qu’allait connaître le film, de ses innombrables nominations et récompenses, et encore moins de ses actuels 72 M$ dans le monde. Encore une fois, le film est bon, mais méritait-il vraiment d’aller aussi loin ? Les acteurs sont excellents, Mark Ruffalo est méconnaissable, le milieu du journalisme palpitant et formidablement retranscrit, mais l’histoire n’a finalement pas une si grande portée : on nous apprend qu’approximativement 6% des membres de l’église sont pédophiles (plutôt 4% en fait), un chiffre loin d’affoler quand on sait que 8% des gens seraient homosexuels et qu’une part importante d’entre eux sont pédophiles, ce qui est raccord avec le fait que les prêtres sont des hommes et que les victimes soient quasi exclusivement des garçons. Si j’étais catholique, cela n’aurait aucunement changé ma vision des choses, et encore moins ma fois. Donc oui, mais je m’en fous. Un grand film pas si important, mais indéniablement très bien écrit et, en dehors de sa réalisation banale, artistiquement très bon.

Critique disponible en version alternative et vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=9YiyJABJ3ug

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.