Les Visiteurs

Les Visiteurs
1993
Jean-Marie Poiré

Assurément l’un des plus grands monuments de la comédie française, déjà culte à sa sortie avec 13,67 millions de spectateurs et une pluie de nominations aux Césars dans la totalité des catégories, avec à la clé le prix de la meilleure actrice dans un second rôle pour Valérie Lemercier. Depuis, en dehors d’une quantité de rediffusions et de ventes de VHS, DVD, Blu-ray  probablement colossales, l’image du film a quelque peu été entachée par une capitalisation hasardeuse et fortement décriée sous forme d’une suite, de l’avis général indigne, et d’un remake américain, semble-t-il impropre à la consommation. Et désormais, en attendant peut-être un cinquième film, un certain Visiteurs 3 a pointé le bout de son nez 23 ans après l’original, pour une douleur paraît-il similaire, l’occasion de nous replonger au cœur de ce qui nous fascinait auparavant.

L’histoire démarre en l’an 1112 sous le règne de Louis VI, dit le gros, alors que le preux comte Godefroy de Montmirail (Jean Reno) s’était vu accordé une descendance et la main de celle qu’il convoitait : Frénégonde de Pouille (Valérie Lemercier), mais abusé par une vil sorcière, il va maladroitement tuer le père de cette dernière, mettant un terme à sa possible idylle. Anéanti, il va tourner vers la magie en demandant à un enchanteur de l’aider à regagner sa mie. Pour se faire, se dernier va le renvoyer lui et son écuyer, Jacquouille la fripouille (Christian Clavier), dans le passé pour dévier la trajectoire de la flèche qui mit fin aux jours de son potentiel beau-père. Malheureusement, par une erreur de dosage, les deux hommes vont se retrouver plongés en 1992…

Difficile d’être passer à côté du phénomène tant il a marqué des générations entières, mais ça n’est pas une raison pour ne jamais remettre en cause sa légitimité. Mérite t-il vraiment son statut de film culte ? Déjà d’un point de vu scénaristique, on peut dire que l’histoire est assez intéressante et originale sur le principe : un chevalier et son écuyer du moyen-âge plongés dans notre monde actuel. Cet aspect du film est parfaitement maîtrisé, les deux protagonistes ne sortant jamais de leur personnage, même quand Jacquouille décide de goûter aux joies contemporaines, et le décalage marche très fort côté potentiel comique. Gardant leur parlé de l’époque, leurs références et leur style face à des interlocuteurs n’y voyant que folie, on se retrouve avec des séquences aussi mémorables que la scène de la baignoire, de la voiture de la poste, du repas ou de l’inondation. Même après tant d’années, la puissance comique n’a pas faibli, tout juste trouvera t-on le jeu de certains acteurs (incluant Marie-Anne Chazel et Isabelle Nanty) un peu faiblard (en fait à peu près tous, mais bon). Même au niveau effet spéciaux le film s’en sort avec les honneurs, à l’exception bien sûr de la transformation de voyage temporel. Seule la mise en scène est un peu en dessous, car en dehors de quelques panoramiques sympathiques, les mouvements sont trop mécaniques ou abruptes. Une bonne comédie efficace qui n’a rien perdu de son attrait donc, sans pour autant être une révolution indétrônable.

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