Café Society

Café Society
2016
Woody Allen

Depuis Match Point en 2005, le réalisateur indépendant Woody Allen a commencé à avoir de temps à autre une certaine exposition internationale avec de très beaux succès critiques et commerciaux, mais le souffle commence à retomber. Probablement le meilleur film de sa filmographie, Magic in the Moonlight n’avait rapporté que 51 M$ dans le monde, et l’année suivante Irrational Man faisait presque deux fois moins. Grâce à des critiques particulièrement enthousiastes et une distribution de grande ampleur, l’hémorragie est cette fois stoppée (probablement de l’ordre de 40-45 M$ en fin de carrière), mais son âge d’or semble définitivement résolu.

Confirmant l’élan de nostalgie qui nous touche ces derniers temps avec la prolifération de films sur l’âge d’or d’Hollywood, le spectateur se retrouvera une fois de plus plongé dans le milieu hollywoodien des années 30. Souhaitant tenter sa chance au soleil, le jeune Bobby (Jesse Eisenberg) va frapper à la porte de son oncle (Steve Carell), producteur célèbre de la ville du cinéma, s’occupant de petite besognes pour son compte. Une vie loin d’être aussi excitante que ce à quoi il s’attendait, mais il trouvera son bonheur en la personne de Vonnie (Kristen Stewart), travaillant dans le même cabinet que lui et dont il va follement tomber amoureux. Malheureusement, le cœur de cette dernière est déjà prit…

Cadre alléchant, époque magnifique et casting prestigieux, comptant aussi dans ses rangs la sublime Blake Lively, le film avait de quoi séduire, et malgré les travers habituels du réalisateur, c’est bien ce que le film va faire. Nous montrant à la fois les vertus et la superficialité du rêve américain, le film nous montre toutes les différentes classes sociales aux travers de personnages haut en couleurs qui ont tous des aspirations propres, bien que la réussite sociale revienne très souvent.  Spécialiste du genre, Woody Allen a une fois de plus fait un travail remarquable sur les personnages et leurs relations entre eux, jouant beaucoup sur les non dits et les histoires compliquées avec de longues séquences de dialogues passionnantes. La reconstitution marche très bien, les thèmes abordés sont intéressants et tout ce qui entoure la mafia est particulièrement réussi. Une très bonne cuvée donc, bien qu’un peu trop classique pour pouvoir prétendre figurer parmi les films les plus marquantes de son réalisateur.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.