Paradis perdu

Paradis perdu
1940
Abel Gance

À peine remit de la première Guerre Mondiale que le peuple s’est vu frappé par une seconde. Sorti en plein début de nouvelle guerre, le film met en avant un certain Pierre Leblanc (Fernand Gravey), qui vivait alors le parfait amour avec son âme sœur Janine (Micheline Presle). Lui modeste peintre et elle simple couturière, le hasard de la vie les avaient fait se rencontrer et s’aimer, leur faisant connaître d’intenses moments de bonheur avec le talent de Pierre pour la haute couture qui leur apporta aussi la sécurité financière. Mais quand la guerre fut déclarée et la mobilisation sonnée, leurs jours heureux ne furent plus qu’un lointain souvenir, un paradis perdu.

Attention, planquez les couteaux et les lames de rasoir ! Le film démarre superbement avec un beau gentleman qui courtise poliment une belle et jeune femme dans une ambiance frivole de doux plaisir, nous laissant sur notre petit nuage nostalgique, mais cette idylle ne durera pas. Le malheur n’aura de cesse de s’abattre et le film se refermera alors dans une logique dépressive, malmenant son héros et ne le laissant plus jamais vivre décemment. La dernière partie sera même carrément horrible, nous faisant croire à un potentiel espoir, mais en vain. La morale, la justice et toute notion noble n’aura pas sa place, ne laissant au spectateur que l’amertume et la désillusion. C’est très bien fait, l’émotion est là, le jeu d’acteur irréprochable, la musique est magnifique, mais le film aurait mérité qu’on atténue un peu sa noirceur.

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