La Nouvelle vie de Paul Sneijder

La Nouvelle vie de Paul Sneijder
2016
Thomas Vincent

En France on se plaint tout le temps du manque de diversité dans nos productions nationales, mais quand un film tente quelque chose d’un peu nouveau personne n’est au rendez-vous. Ici, pour cette adaptation du roman Le cas Sneijder de Jean-Paul Dubois, à peine plus de cent mille personnes ont fait le déplacement, et c’est très dommage.

Ça n’arrive pratiquement jamais, surtout dans les pays développés, mais c’est bien le décrochage d’une cabine d’ascenseur qui frappa Paul Sneijder (Thierry Lhermitte), alors même qu’il étais avec sa fille. Si lui s’en tira avec de légères blessures, sa fille y laissa la vie, le plongeant alors dans un terrible désarrois. En pleine convalescence, il va devoir affronter son deuil, l’harcèlement des avocats qui veulent porter en justice son accident, la pression de sa femme véreuse (Géraldine Pailhas), très intéressée à l’idée de capitaliser sur la mort de sa belle-fille, sans compter la perspective peu engageante de retrouver son boulot. Voulant redémarrer une nouvelle vie, il va se mettre à promener des chiens.

Il est toujours intéressant de traiter de la reconstruction d’une vie après un drame tragique, et le film apporte une réelle originalité au thème. Se déroulant au Québec, le film nous plonge dans la froideur des hivers canadiens, symbolisant l’état de son personnage principal par un froid d’ambiance, mais avec lequel il va apprendre à vivre avec et même voir les bonnes choses qu’on peut en tirer. Des décors auxquels les spectateurs français sont peu habitués, et ça fait plaisir, permettant au passage de renforcer l’isolement du héros par un décalage culturel. La symbolique du film est donc très forte, approfondie notamment par le biais de la nouvelle passion de Paul Sneijder pour les ascenseurs, sorte de fascination morbide pour l’arme du crime, qu’il va entretenir avec l’avocat de la défense responsable de la société d’ascenseur, pourtant censé être son ennemi. Une écriture de qualité portée par une réalisation sobre et un jeu d’acteur excellent, et les quelques problèmes de rythme ne pèsent pas lourd dans la balance.

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