Au nom de ma fille

Au nom de ma fille
2016
Vincent Garenq

S’il y a bien un homme qui lui a pourri la vie, c’est bien Dieter Krombach. En 1971, alors qu’André Bamberski (Daniel Auteuil) vivait au Maroc avec sa femme (Marie-Josée Croze) et ses deux enfants, Dieter, qui était sensé être un bon ami de la famille de par la complicité de leurs filles, se tapait en réalité sa femme. Après avoir déménagé en France, il espérait retrouver son foyer comme avant, mais Dieter les avait suivi et avait remit le couvert, entérinant définitivement son mariage. Une trahison qu’il a toujours eu en travers de la gorge, mais ça ne l’empêchait pas de laisser de temps à autre ses enfants à son ex femme et celui qui l’avait prise. Seulement lors de l’été 1982, sa fille alors âgée de 14 ans mourut subitement chez eux et l’affaire fut classée. Anéanti par le chagrin et cherchant à comprendre, ce qu’il va lire dans le rapport d’autopsie va se révéler accablant. Et si Dieter avait violé et tué sa fille ? Va alors débuter un long combat contre un homme potentiellement responsable des pires atrocités et une justice corrompue et faible.

Tiré d’une histoire vraie, le récit du film aura fait beaucoup parlé de lui au fil des années, faisant régulièrement la une entre 1982 et 2009, ne laissant que peu de place à l’imagination quant à l’issue de l’affaire pour ceux qui s’en souviennent.  La question n’est donc pas de savoir quand, comment ou pourquoi, on se concentrera sur le combat d’un père ayant perdu celle qu’il aimait le plus au monde. L’intérêt du film est donc l’envers de l’enquête, nous montrant pas à pas les tentatives désespérées du père, les avancements de l’investigation, les découvertes troublantes et les divers soutiens obtenus. Sa motivation force le respect tant son acharnement ne vacillera pas 28 années durant, redoublant continuellement d’efforts et trouvant régulièrement des idées brillantes pour sa cause. Certains personnages apportent aussi beaucoup comme l’avocat et le professeur d’allemand, sorte de gardes-fou et soutiens moraux. Le combat est plein de rebondissements, l’affaire est à la fois importante et marquante, les acteurs sont d’une rare justesse et avec seulement 78 minutes de film l’histoire est particulièrement bien condensée. Une retranscription sobre et digne.

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