La voleuse de livres

La voleuse de livres
2014
Brian Percival

Faire du sentimental sur fond de Seconde Guerre Mondiale, c’est un peu comme offrir de l’argent à Noël : certes ça peut faire l’affaire, mais trop de gens l’ont déjà fait et cela dénote d’un cruel manque d’originalité ou d’implication. Enfin bon, à partir du moment où on adapte un roman parlant de ça, en l’occurrence celui de Markus Zusak, difficile de faire autrement, mais entre des critiques enthousiastes et un succès populaire indéniable (plus de 76 M$ dans le monde) j’ai fini par me laisser tenter.

L’histoire démarre en 1938, alors que Liesel (Sophie Nélisse) fuyait le régime communiste avec son petit frère, qui ne survivra malheureusement pas au voyage, et sa mère. Incapable de subvenir aux besoins de sa fille, elle va la confier à un couple allemand, Hans (Geoffrey Rush) et Rosa (Emily Watson). Une nouvelle vie qui s’annonçait difficile, mais elle était encore loin de s’imaginer à quel point entre l’imminence de la guerre et les restrictions culturelles, la privant de sa passion pour la lecture qu’elle devra assouvir secrètement.

Si plusieurs éléments du film font tiquer, il faut avouer qu’on s’en sort globalement très bien. Comme d’habitude avec ce genre de thématiques, on ne peut s’empêcher d’exagérer les choses de manière ridicule comme avec la quantité de livres brûlés (la liste des livres interdits s’étant en vérité limitée aux ouvrages de propagande ennemie) et la somme astronomique de malheurs qui vont s’abattre sur l’héroïne (il n’aurait manqué que des abus sexuels pour que la liste soit complète), mais si on fait abstraction de l’aspect historique ça ne gène pas outre mesure. Les acteurs sont excellents, la narration par la mort originale et efficace, le rythme est maîtrisé, les images sont belles et les musiques (nominées aux Oscars) superbes. L’axe de l’histoire est aussi très intéressant, choisissant de montrer des gens qui tentent malgré la guerre de vivre normalement et essayent même d’y trouver le bonheur. L’impact émotionnel est indéniable et même si la fin nous laisse un goût amer dans la bouche on se passionne aisément pour la vie tragique de Liesel.

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