L’Homme qui défiait l’infini

L’Homme qui défiait l’infini
2016
Matt Brown

C’est quelque chose d’assez fréquent dans le cinéma : quand l’acteur principal d’un petit film est au cœur de l’actualité grâce à un plus gros (ici Lion), cela permet de trouver plus facilement un distributeur pour le petit film, même s’il devra se contenter d’une sortie directement en DVD de par chez nous. Il faut dire qu’avec à peine 12 M$ récoltés dans la trentaine de pays l’ayant accueilli, on les comprend.

Histoire vraie s’étant déroulée peu avant et pendant la seconde Guerre Mondial, période décidément propice aux génies, le film se concentre sur la vie de Srinivasa Ramanujan (Dev Patel), un indien dont les facultés de raisonnement mathématiques bouleverseront l’ordre établi et révolutionneront le domaine comme peu l’ont fait avant lui. Simple comptable dans une société quelconque, sa persévérance arrivera à toucher deux éminents membres de Cambridge (Jeremy Irons et Toby Jones) qui l’inviteront à travailler avec eux.

Quand on fait un film sur un ou des surdoués d’un domaine, il y a deux points cruciaux à respecter : faire découvrir et comprendre la faculté du héros et s’assurer que sa vie privée soit elle aussi intéressante pour que les enjeux dépassent sa propre personne car élever le niveau de connaissances de l’humanité n’est pas suffisant. Si côté vie privée c’est particulièrement réussi entre la famille laissée en Inde, la discrimination raciale, le choc culturel et idéologique, l’aspect scientifique est bien trop superficiel. On voit toute la poésie réflexive de Ramanujan, on parle de certains de ses théorèmes, de démonstrations, mais pour autant on ne rentrera jamais dans le détail, ne nous permettant ainsi jamais vraiment de nous rendre compte de l’étendue de son génie. On parlera des nombres premiers, de logique combinatoire, sans pour autant aborder le raisonnement qui y a conduit ou ne serait-ce que la formule obtenue. Le cadre, le contexte, les enjeux et les personnages sont réussis, rendant le film divertissant, mais à force de ne faire qu’un travail de surface sans prendre le temps de nous expliquer l’aspect réflexion, le film perd sa capacité instructive.

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