Les Têtes de l’emploi

Les Têtes de l’emploi
2016
Alexandre Charlot, Franck Magnier

Mais nom de Dieu tout s’explique ! Il s’agit du troisième film du tandem de réalisateur à qui l’on doit le pas terrible Imogène McCarthery (à quelques mois près j’aurais pu en faire une critique, mais c’est donc antérieur à la création du site) mais surtout Boule & Bill, assurément la pire adaptation de BD jamais vue entre des acteurs en roue libre et un humour qui ferait passer Bigard pour un modèle de finesse. Malgré une idée sympathique, le duo va donc logiquement continuer sur le chemin de la médiocrité.

Trop bien faire son travail n’est pas forcément une bonne chose. Conseillers à l’Agence pour l’Emploi (pas de Pôle Emploi pour des raisons de droits, permettant au passage de s’affranchir de la véritable législation), Stéphane (Franck Dubosc), Cathy (Elsa Zylberstein) et Thierry (François-Xavier Demaison) vont apprendre qu’à cause de leurs performances ayant fait drastiquement baisser les chiffres de chômage de leur agence, cette dernière sera prochainement fermée. Pour sauver leurs emplois, ils vont décider de tout faire pour faire remonter les chiffres.

C’est quelque chose d’assez évident mais à laquelle certaines personnes ne songent pas : si Pôle Emploi trouvait du travail pour tout le monde, alors plus personne n’aurait besoin d’eux. Bien sûr, ce cas est impossible entre les nouveaux arrivants sur le marché du travail chaque année, ceux qui cherchent à se reconvertir ou trouver une formation. Une fermeture totale est donc impensable, mais si le chômage baissait en dessous de 5%, on peut légitimement penser que près de la moitié des agences fermeraient et qu’une mutualisation prendrait place avec tout juste une à deux agences par département. L’idée de départ du film est donc valable puisque sans demande il n’y a plus d’offre, même si la gestion de l’agence est bien loin de la réalité, mais seulement le film n’en fera rien. Pas vraiment de critique de la société puisque ce n’est pas un système mais des individus qui sont pourris, on frappe hasardeusement sur toutes les classes sociales et au final il n’y ni message ni parti prit. L’histoire ne dépasse à aucun moment son postulat de base, il n’y a pas une once d’originalité ou d’idées pour exploiter ce sabotage. Et comme pour les deux précédents films des réalisateurs, les acteurs sont insipides, surtout Dubosc qui est d’un vide effroyable, et l’humour se contente de nous régurgiter des clichés sociétaux. Un concentré de maladresse et d’inconsistance pour un film déjà oublié avant même son générique de fin.

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