L’Ascension

L’Ascension
2017
Ludovic Bernard

En 2008, un franco-algérien de banlieue parisienne s’était lancé un défi personnel : gravir le plus haut sommet du monde, le mont Everest. Prénommé Nadir Dendoune, il a tiré de son incroyable expérience un livre, Un Tocard sur le toit du monde, dont le film est censé y puiser son inspiration. Pourtant, malgré la supervision du principal concerné en tant que co-scénariste, l’histoire du film diffère beaucoup.

Il n’y a aucune limite à ce qu’on pourrait accomplir par amour, du moins quand on aime vraiment. Refusant inlassablement de sortir avec Samy (Ahmed Sylla), le jugeant incapable de faire quoi que ce soit, Nadia (Alice Balaïdi) va lui lancer un défi irréalisable pour se débarrasser de lui, bien loin de se douter que le bougre allait prendre le challenge au sérieux. C’était le deal : pour obtenir l’amour de son âme sœur, il devait gravir l’Everest, et c’est exactement ce qu’il va essayer de faire.

Le roman original nous comptait une histoire de dépassement de soi, de retour à la nature et de quête personnelle, un peu à la Into the Wild, mais l’approche du film est aussi très intéressante. En plus de donner un but plus noble et profond au héros, car rien n’est plus fort que l’amour, le film met aussi en avant deux aspects diamétralement opposés mais qui trouvent un point d’ancrage en cette folle aventure : les médias et l’humain. Pour financer une telle expédition, il faut bien trouver des sponsors, de l’argent, et l’un d’eux sera une radio amateur qui se chargera de garder le contact avec l’alpiniste en herbe, d’assurer la promo de l’événement, d’en conter les exploits, de le faire entrer dans la légende. De l’autre, on suit le combat de Samy, parcourant des terres qui lui étaient inconnues et faisant des rencontres lui apportant un regard nouveau sur le monde, notamment son fidèle porteur de sac Johnny avec qui il va nouer une bouleversante amitié qui balaye nos doutes sur la nature profonde de l’homme, qui quand elle n’est pas pervertie par la société nous inonde de bonté. Si l’humour n’est pas très recherché et que la réalisation ne rend pas suffisamment hommage au caractère exceptionnel des décors traversés, il se dégage du film une sincérité et une pureté revigorantes qui méritent à elles seules qu’on s’y attarde.

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