Valérian et la Cité des mille planètes

Valérian et la Cité des mille planètes
2017
Luc Besson

Depuis la sortie d’Avatar en 2009, Luc Besson n’avait qu’une obsession : mettre sur pied un trilogie de SF à l’ambition inédite, explosant le record du plus gros budget jamais alloué à une production française. Avec un budget frôlant la barre des 200 M€ (230 M$ de base, 177 M$ après réduction d’impôts), le film explose en effet tous les compteurs, et les intérêts étaient colossaux pour Europacorp, espérant battre leur record détenu par Lucy qui avec un coût cinq fois moindre avait terminé sa course avec 463 M$ dans le monde. Se basant sur une BD culte de Mézières et Christin apparue en 1967 et dont est directement inspiré Star Wars, l’objectif était presque modeste, mais malgré un casting international, une campagne marketing écrasante, l’un des meilleurs scores de l’année en France et des critiques loin d’être mauvaises, le film n’a même pas atteint les 250 M$ dans le monde. Si John Carter nous a bien apprit une chose, c’est que SF, gros budget et qualité ne suffisent pas à faire un succès. Alors quand en plus un classique devient un simple divertissement…

Bien que les aventures de Valérian (Dane DeHaan) et Laureline (Cara Delevingne) ne se limitent pas à la réalité qui a vu naître le premier, venant elle du moyen-âge et ayant une technologie capable de voyager à travers le temps, leur mission se passera ici au XXVIII° siècle alors que Valérian a reçu une vision d’alerte d’un peuple inconnu et qui n’a apparemment jamais existé : les Pearls. Pourtant, au retour d’une mission, alors que les différents gouvernement de la galaxie s’étaient rassemblé sur Alpha, la cité des mille planètes, des extraterrestres d’origine inconnue identiques aux Pearls de la vision de Valérian vont kidnapper le commandant en chef des humains (Clive Owen).

Il y a plusieurs façons d’être riche scénaristiquement, et clairement le choix a été fait d’alléger au mieux la trame principale pour laisser le temps au spectateur de se familiariser avec un univers colossal. Entre les dizaines d’espèces extraterrestres possédant chacune une culture et un mode de vie spécifique, les centaines de planètes habitées et les huit siècles d’histoire à rattraper, les possibilités sont infinies. Voulant sans doute jouer la carte de la sécurité pour son premier film, Luc Besson a ainsi choisi une simple histoire de complot avec un jeu du chat et de la souris entre les deux principaux protagonistes. Beaucoup seront déçus de voir l’univers aussi peu exploité, esquissant l’extinction d’une civilisation sous un emballage de milice inter-galactique basique, d’autant qu’encore une fois humaine, mais c’est en réalité un choix judicieux puisque cela permet de s’approprier la mythologie en douceur, se laissant porter par l’ambiance. Le film est visuellement dingue, enchaînant les plans magnifiques et les design superbes là où Star Wars affiche des planètes minimalistes et un bestiaire quasi intégralement raté. On échappe pas totalement à l’aspect jeux-vidéo mais c’est globalement très réussi. Les personnages n’ont en revanche rien de mémorable entre un héros trop arrogant, un méchant vide et des guests putassiers (Alain Chabat, Ethan Hawke et Rihanna ne servent absolument à rien), mais Loreline sauve la mise entre ses yeux étourdissants et sa voix suave. Un premier contact solide donc, très loin de son potentiel mais c’était aussi ça le but, prévoyant un développement d’envergure. Le projet de suites n’est pas encore au point mort, alors espérons que les scores au Japon soient bons, mais surtout les ventes de DVD, Blu-ray et démat pour que l’aventure continue.

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