Les Petites victoires


Les Petites victoires
2023
Mélanie Auffret

Profitant de quelques jours de semi-tranquillité, il était grand temps d’effectuer d’intenses rattrapages des films de l’année dans l’optique de ne pas passer le mois de janvier à courir après le retard pour sortir un top des meilleurs films de l’année un semblant légitime. Impossible de me rappeler pourquoi j’avais placé aussi haut ce film au niveau importance, mais clairement le projet m’attirait sur le papier, que ce soit pour sa simplicité ou cette envie d’évasion campagnarde nostalgique.

Prenant place dans un petit village de Bretagne, le film met en avant l’institutrice et mairesse de son hameau, Alice (Julia Piaton), qui tente de porter à bout de bras son fief comme l’avait fait avant elle feu son père, précédent maire et bienfaiteur du conté. Entre une désertification médicale, la fermeture des commerces, elle se bat désormais pour protéger la dernière classe restante, menacée de fermeture faute d’enfants y étudiant, le minimum étant fixé à treize.

Outre l’élément perturbateur que va représenter le personnage d’Emile (Michel Blanc), illettré qui va vouloir reprendre le chemin de l’école plus de cinquante ans après en avoir quitté les bancs, le film est surtout une question de fierté locale, d’envie de défendre un idéal, un besoin d’identité locale au delà de celle nationale. Le monde va trop vite, se développe, mais au détriment de nos chères campagnes. Un petit feel-good moovie franchouillard fleurant bon les valeurs morales et cette simplicité qui tend à disparaître. Il faut parfois savoir freiner des quatre fers devant l’évolution, et la sincérité et l’authenticité du film fait un bien fou. Alors oui, je n’aurais jamais réussi à me débarrasser de l’impression que Julia Piaton est une version Wish de C. Cottin, bien trop ressemblante physiquement et avec pratiquement la même voix, et en dehors du duo d’affiche on notera péniblement Lionel Abelanski tant les autres rôles sont effacés. La marche du monde semble inéluctable et on aurait aimé un constat moins mondialiste, mais le film ne saurait mentir. J’avoue m’être senti comme un fossile refusant de voir le monde « évoluer » – notez bien l’amertume d’une évolution guère reluisante – mais à défaut d’en pouvoir changer le sens, apprendre à vivre avec est la première étape du deuil.

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