10 jours sans maman


10 jours sans maman
2020
Ludovic Bernard

Coupé en plein élan dans sa route vers les 1,5-2 millions d’entrées par le Covid, le film aura tout de même été un surprenant succès avec presque 1,2 millions de spectateurs, un exploit quand on sait à quel point son acteur vedette, Franck Dubosc, est l’incarnation absolue du « has been », où la quasi intégralité de sa filmographie des dix dernières années est composée de naufrages critiques et commerciaux, avec plus de la moitié en dessous des trois cent mille entrées, y compris son second film en tant que réalisateur qui n’aura pas atteint le dixième de Tout le monde debout, son unique film de la décennie qui soit et populaire et couronné de succès, hormis celui dont il est question aujourd’hui, mais qui n’aura clairement pas autant convaincu le public.

Quel est le plus gros cliché familial ? La mère qui s’occupe seule des enfants (surtout valable dans le temps où la plupart des femmes étaient femmes au foyer, mais un cliché de plus en plus éculé depuis un bon demi-siècle). On va donc suivre une famille où la mère (Aure Atika) s’occupe – presque, avec une femme de ménage tout de même – seule de tout ce qui est ménage, entretient, administratif de la maison, et surtout les enfants, au nombre de quatre (trois garçons et une fille). Le mari (Franck Dubosc) est DRH dans une grande enseigne de bricolage et se voit être le centre de toute l’attention et la reconnaissance, au point de ras-le-bol consommé où la mère va décider de tout simplement se barrer dix jours pour un peu souffler et faire prendre conscience à son ingrat de mari que non, « elle ne se repose pas quasi toute la journée pendant que lui trime si dur au boulot ».

On aura rarement vu un scénario aussi poussif et poussiéreux, se basant sur les plus gros poncifs des clichés de famille bourgeoise. La mère soi-disant débordée qui a en fait une femme de ménage qui vient plusieurs fois par semaine et dont les enfants sont tous placés en journée, et le mari qui semble clairement se la couler douce au boulot, a une bonne voiture et une immense maison en quartier chic, mais qui espère carrément devenir directeur à force de ne plus se sentir pisser. Quand on rêve d’avoir un bon gros smic de bourgeois et de se la couler douce comme une faignasse aux 35 heures, on se sent bien loin de leurs problèmes de petits privilégiés… Mais est-ce au moins efficace dans ce qu’il propose ? Mouef. Disons que l’idée de remettre le mari à sa place est réussie, et que le connard arrogant déconnecté de la réalité, c’est du Dubosc dans le texte, donc il campe toujours l’éternel même rôle. Quatre enfants, c’était à la fois une bonne et une mauvaise idée. Bonne car elle représente un challenge organisationnel et d’autorité, mais mauvaise car ils n’existent pratiquement pas individuellement dans une comédie d’à peine 90 minutes. De même, la scène d’ouverture tease un carnage de dérapage à la Babysitting, pour au final s’avérer être un banal accident expédié en deux minutes. Le film n’est pas mauvais, il est juste incroyablement convenu et attendu. Dire qu’une suite a vu le jour en 2023 !

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