
Submersion
2025
Byung-woo Kim
Pourquoi payer des sommes astronomiques s’il suffit de produire coréen ? En effet, malgré une quasi absence de communication, ce film des plus modestes (22 M$ de budget) a pulvérisé en dix jours les scores du mastodonte The Electric State fait en six mois, à savoir 60 millions de vues, ce qui était une catastrophe ahurissante dans le second cas, mais qui ici le propulse dans le top 10 annuel sans forcer. Que vaut donc cette proposition à mi chemin entre Interstellar, Matrix et 2012 ?
C’est le déluge. An Na (Da-mi Kim) va se réveiller un beau matin alors que des pluies diluviennes ne cessent de tomber, au point que l’eau va commencer à s’infiltrer chez elle au troisième. Pas une seconde à perdre, elle doit fuir vers les étages supérieurs avec son fils, où elle y trouvera d’ailleurs un certain Hee-Zo (Park Hae-Soo), censé la sauver, car cette pluie pourrait sonner la fin de l’humanité.
Dans l’idée, ça aurait pu être incroyable : une actrice que j’aime bien, une situation de fin du monde, avec en fait un twist à base d’expérience qui boucle jusqu’à sa pleine réussite. Dans les faits, il n’y a pas grand chose à sauver : le prétexte est stupide à outrance (connaissez vous les bateaux ?), l’enfant est insupportable, aucun développement de personnage hormis la mère, les situations vécues durant l’ascension n’ont rien de bien passionnantes, et surtout on y croit pas deux secondes. La pluie est ridicule, un tout petit crachin (oui c’est surtout la banquise et ta mère les astéroïdes, mais quand même), mais surtout la modélisation de l’eau est à un niveau de ratage tel que la société de FX s’est effondrée en bourse et a dû présenter des excuses publiques. En plein immeuble, en pleine rue, l’inondation est d’une propreté cristalline abrutissante, sans compter son absence de texture prouvant que très peu d’eau a été utilisée au tournage. Pourtant, les passages en simulation ont un semblant de personnalité et ceux dans l’espace sont presque corrects, tout n’est pas totalement honteux. Un embryon d’idée aux faux airs de projet étudiant pseudo intellectuel, dont tout le budget est visiblement passé dans le cachet des acteurs.
