Titanic

Titanic
1998
James Cameron
Film de tous les records, qui occupa pendant 11 ans la place de plus gros succès de tous les temps dans le monde avec 1.8 milliards, désormais 2.2 Mds avec les ressorties et toujours (enfin à nouveau avec la version 3D de 2012) top1 en France avec 22,3 millions d’entrées en hexagone, le film fut aussi un succès d’estime colossal avec des critiques stratosphériques et le record de Ben-Hur de 11 prix aux Oscars égalé, incluant bien sûr meilleur film et meilleur réalisateur. Et bien que je l’avais évidemment vu, et par deux fois d’ailleurs, j’avais eu un empêchement lors de sa ressortie 3D, et pas une fois je n’ai revu ce monument du cinéma au cours des 16 dernières années depuis la création de mon site. Est-ce toujours un classique intemporel ou ma vision a t-elle était revue à la baisse ?
Nous sommes en 1912 et le monde retient son souffle face à un événement historique : le lancement du Titanic, le plus grand paquebot de l’histoire. Bijou technologique et structurel, le 10 avril le bateau titanesque se lance pour son voyage d’inauguration. On y suivra d’un côté Rose (Kate Winslet), une bourgeoise promise à un beau mariage avec un grand aristocrate, et de l’autre Jack (Leonardo DiCaprio), un vagabond sans le sou. Un monde les opposent, mais de cette différence va naître un amour impossible à retenir.
Dire que j’ai un peu déchanté serait un doux euphémisme. Le plus gros bémol du film arrive d’ailleurs d’emblée : l’enrobage avec l’histoire moderne ne sert à rien, alourdissant juste un récit qui n’en avait pas besoin, et ça aurait permis d’éviter d’atteindre les trois heures de métrage. Non seulement ça casse l’immersion et rallonge un film déjà long, mais en plus on n’a que faire de pilleurs d’épaves qui ne connaîtront en plus pas le fin mot de l’histoire. Pour le reste oui, l’histoire du Titanic est passionnante, bien qu’hautement incomplète. Rien sur le deuxième bateau doublon et la fraude à l’assurance, et trop peu sur toutes les erreurs humaines qui ont amené au désastre. On parle effectivement de gagner un jour, mais sans dire que le tracé change et fait passer par une zone dangereuse, propice aux icebergs, et moult reportages sur le sujet sont de fait plus intéressants sur l’incident en lui-même. Concernant la romance, elle est évidemment réussie, mais rien de transcendant qui redéfinirait la représentation de l’amour au cinéma. Même le casting n’a rien de fou, j’ai limite préféré Kathy Bates en sorte de Comtesse Douairière avant l’heure. Côté visuel, l’ayant revu dans sa version d’origine en simple DVD, le côté impressionnant du naufrage en prend un sacré coup et les effets spéciaux ont pas mal vieillis, mais en se replaçant dans le contexte de l’époque on ne peut pas lui en vouloir, et les soucis ont probablement étaient corrigés dans les nouveaux masters. Avec le recul, le film reste très bon, potentiellement excellent si on enlevait les passages modernes, mais c’est loin d’être l’un des plus grands films de l’histoire.
