180

180
2026
Alex Yazbek
Alors que pourtant les productions Netflix sont globalement pas terribles, les gens devraient se méfier davantage… Production sud africaine qui a réussi à se hisser dans le top 10 (top 1 même au moment d’écrire cet article !), le film se vend comme un film d’action / vengeance, alors que dans un cas comme dans l’autre, il faudra repasser. L’année n’en est encore qu’à ses débuts (surtout que j’ai tendance à faire d’énormes rattrapages en fin d’année / début d’année suivante, donc je ne vois que peu de films au moment de leurs sorties) et pourtant on tient déjà là un challenger de poids pour la place de pire film de l’année.
Pourquoi 180 ? Est-ce le cumul de QI de l’ensemble des protagonistes ??? Alors qu’un homme voit une voiture lui foncer dessus, se sachant au vert alors que celui d’en face est par déduction au feu rouge, il va tracer pied au plancher. Patatras l’accident, mais heureusement rien de grave. Seulement voilà, énervé face à un non respect du code de la route, il va descendre de la voiture pour en découdre, loin de se douter qu’en face se trouvent des mafieux, dangereux, nombreux et armées. Une balle sera perdue, mais vite retrouvée par son fils, à l’arrière de la voiture, qui en décèdera quelques heures plus tard à l’hôpital. Oh le con ? Oui, mais il compte bien se rendre chez lesdits mafieux pour leur parler, leur dire qu’ils sont pas gentils. Que pourrait-il mal se passer ?
En plus de souffrir d’un rythme atrocement mou car les très rares scènes d’action n’en sont pas vraiment, d’être cinématographiquement d’une pauvreté patente, le film est surtout d’une bêtise crasse époustouflante. C’est bien simple, pas un seul des protagonistes de tout le film n’arrivera à aucun moment à faire se rencontrer deux neurones. Un flic ripoux qui couvre la mafia ? Oui, et il ne regarde même pas derrière lui s’il est suivi, se permet de se faire graisser la patte en plein parking de police, et se pavane devant tout le monde. Des mafieux qui voient les leurs abattus par leur chef au moindre faux pas ? Qu’à cela ne tienne, ça les empêchera pas de la ramener comme des bleus ! Un père qui crie vengeance ? Certes, mais parlons avant de tirer pour éviter que le film ne soit un court-métrage. Le « héros » est capturé et prêt à être abattu ? Ah non, il faut que les méchants fassent des monologues les plus longs possibles pour laisser le temps à d’autres d’intervenir, ou de demander à un autre de l’amener ailleurs pour son exécution (alors que la scène d’avant ça n’était pas un problème pour un lascar), histoire qu’en 1 V 1 il ait une chance de s’échapper. Toutes les pires tares scénaristiques, de coïncidences fortuites à la délicatesse pachydermique sont de la partie, pour l’un des scénarios les plus poussifs jamais vu. Pas une seule scène d’action potable, des protagonistes stupides et un héros qui paraît encore plus teubé. Un enfer à supporter, pour des enjeux inexistant : le gosse est déjà mort, il ne fait que condamner plus de gens, dont la plupart innocents. Juste une tanée.
