Meurtre mode d’emploi – Saison 2

Meurtre mode d’emploi – Saison 2
2026
Poppy Cogan
C’était attendu entre le succès littéraire de la trilogie de Holly Jackson et les très gros scores de la première saison de Meurtre mode d’emploi sur Netflix, et presque deux ans plus tard voici donc une seconde salve de six épisodes pour continuer l’histoire. J’étais personnellement très enthousiaste tant la première saison était efficace et rafraichissante, avec une Emma Myers pétillante et une enquête prenante, prenant le contre-pied de son cadre idyllique de la campagne britannique.
La vérité a donc éclatée : Sal a été blanchi, le corps de Andie retrouvé, et désormais les regards se tournent vers Max, qui s’apprête à être jugé pour multiples viols par abus de drogue, dont un cas sur mineure aux moments des faits. Pip (Emma Myers) espère bien le voir tomber le plus lourdement possible, mais à quelques jours de la date fatidique, un témoin clé va disparaitre : son ami Jamie. Face à une police inefficace et qui surtout ne bouge pas le moindre orteil, la lycéenne va devoir une nouvelle fois mener l’enquête pour espérer que justice soit rendue.
Dès le début, j’avoue avoir été totalement perdu, mettant près de trois épisodes (soit la moitié de la saison) a vraiment réussir à me rappeler de tous les personnages, tenants et aboutissants de la première saison. Alors que c’est pourtant une procédure commune et que je n’avais ni le temps ni l’envie de me refaire la première saison, un petit récap de cinq minutes aurait été plus qu’appréciable, voir obligatoire tant cette saison est vraiment la suite directe, sans quasi temps mort et n’aide pas trop à se rappeler tant elle repart directement. Mais d’un autre côté, j’ai aussi eu l’impression que l’histoire ne démarrait réellement que dans les deux derniers épisodes, avec en plus une enquête pas très honnête. Le plus gros tenant de l’histoire, l’information la plus centrale regroupant toutes les pièces, n’est dévoilé qu’à l’avant dernier épisode, et on aurait aimé une amorce plus douce, plus naturelle. On a l’impression que les pièces sont installées péniblement durant quatre épisodes, pour finalement rusher la fin dans les deux derniers, et encore. Comment ne pas parler de 13 Reasons why tant les points communs abondent : un riche blanc blond coupable de viol en saison 1, jugé en saison 2 mais qui par le pouvoir des lunettes, du paraître et d’un avocat de luxe, va s’en sortir. Et à tous les coups, il va crever en saison 3, centrée sur son meurtre… Sauf que cette fois, la saison n’a pas tenu une semaine dans le top10, laissant supposer une plantade remettant peut-être en cause la fin de la trilogie. Bref, du bon potentiel, une enquête possiblement jouissive avec une Enola Holmes des temps modernes en grande forme, mais un équilibrage raté pour une nouvelle salve qui déjà ne résout pas grand chose, et patine pas mal de surcroît. La belle surprise d’il y a deux ans n’a pas transformé l’essai.
