Obsession

Obsession
2026
Curry Barker
En voilà une succès story comme on les aime, où tout est hors norme, exceptionnel, sans précédent. Film d’horreur fait par un jeune youtuber, le film a été produit pour 750 000 $, une somme ridicule dans le milieu du cinéma où le moindre projet se compte en dizaines, voir centaines de millions. Dès le début, le succès fut tonitruant avec plus de 17 M$ sur le seul sol américain, et derrière chaque semaine qui a suivi a marqué l’histoire. Second weekend en hausse ? Phénoménal, à cette échelle (hors sorties limitées et hors période de fête) ça arrive une fois par décennie. Troisième weekend encore supérieur ? Il faut remonter en 1982 pour trouver une anomalie pareille. Même en cinquième semaine, on restait au delà des débuts, pourtant déjà excellents. C’est bien simple, à l’heure actuelle le film est à 380 M$, dépassera sans mal les 400 M$, ce qui en fait le second plus gros succès de tous les temps dans le genre parmi les films originaux, juste derrière Sixième Sens, c’est dire le niveau stratosphérique. L’actrice principale est déjà archi favorite pour les Oscars l’an prochain tant l’engouement est monumental. Comme quoi, un concept peut se suffire.
Bear (Michael Johnston) est ce qu’on pourrait qualifier de petite merde humaine, se contentant d’un boulot de merde car ayant hérité de l’appartement de sa grand-mère. Sa seule ambition dans la vie ? Sortir avec sa collègue Nikki (Inde Navarrette) pour qui il a le béguin, mais impossible de le lui avouer. Par chance, une réponse à sa couardise va tomber du ciel : the One Wish Willow. Quesaco ? Il s’agissait à priori d’un attrape nigaud, mais lorsqu’il va faire le vœu que Nikki soit folle amoureuse de lui, il va vite comprendre que son vœu a été entendu. Trop peut-être.
Certains se souviendront de Endiablé, il ne faut pas prendre les vœux à la légère. Le film s’en sert pour dresser une parabole un peu facile de la toxicité de certaines relations, et si le concept était gageur sur le papier, le résultat est en vrai un peu décevant. Difficile de vraiment s’attacher ou s’intéresser à quelqu’un d’aussi détestable que le personnage principal, le fameux Bear, tant c’est un couard de la pire espèce, un petit furet en permanence effrayé par tout et rien. Usant, d’autant plus que sa seule source de motivation dans l’action est la peur. Et pour un casanier pareil, fantasmer sur la fofolle de service, certes pétillante mais instable et frivole, c’est une aberration, encore plus si on considère que le film essaye de nous faire croire qu’il aurait pu avoir une idylle avec Sarah, encore pire à ce niveau là (artiste pleine de piercings et tatouages qui veut partir à l’autre bout du pays, donc paye ta « meilleure stabilité »). Heureusement oui, Inde Navarrette est effectivement bluffante, et on est fasciné par la folie progressive de sa possession par le vœu. Mais tachons raison garder, pas sûr que ça vaille forcément un Oscar, et ça ne compense pas tout. Le héros est donc un plein ratage, mais le reste est à peine mieux, les personnages secondaires étant tout juste de la figuration, et niveau horreur on repassera. C’est plus un thriller légèrement gore, mais trop rarement angoissant ou effrayant. Une métaphore amusante et divertissante de la toxicité relationnelle, mais rien de révolutionnaire ou spécialement marquant. Rarement vu un film à ce point surcoté.
