We Need to Talk About Kevin

We Need to Talk About Kevin
2011
Lynne Ramsay
Film qui avait fait grand bruit sur la croisette à l’époque et eu pas mal de prix dans quelques cérémonies après, le long métrage fut tout de même bien plus un succès d’estime qu’autre chose, ne rentrant pas vraiment dans ses frais (à peine plus d’un million d’entrées en cumulé dans le monde). Et pourtant, son sujet est hautement important, interrogeant sur les prédispositions à la naissances et l’influence de l’éducation parentale.
Elle croyait que ça allait être le plus beau jour de sa vie, c’était en fait le début de la plongée dans les enfers quand Eva (Tilda Swinton) va donner naissance à Kevin (joué adolescent par Ezra Miller). Bébé difficile qui va la rendre folle, son rôle de mère au foyer va la faire sombrer en dépression, voyant en son propre enfant la source de tous ses problèmes. Et plus le temps va avancer, plus son fils va devenir différent, comme cherchant continuellement à la pousser à bout, la provoquer, alors qu’au contraire, il se comporte de façon totalement normale avec son père (John C. Reilly), qui de fait voit sa femme comme une affabulatrice.
Alors, à qui la faute ? Est-ce que l’enfant était prédisposé à devenir psychopathe, ou est-ce l’absence d’amour et d’empathie de la mère, régulièrement bourreau de son propre enfant, qui l’a poussé à devenir ainsi ? Le film se concentre en parallèle sur trois époque : le présent, où la mère tente de se reconstruire une vie, le passé proche, où il n’est fait aucun mystère que son fils a visiblement fait une tuerie de masse, et le passé, où l’on part de la naissance jusqu’à rejoindre le jour tragique. Une narration intéressante, centré sur la mère, nous montrant son point de vue sur la quasi possession démoniaque de son fils, dont au mieux elle a subit sa présence, au pire en fut totalement terrifiée. En tant que père ayant une fille difficile en proie à des crises similaires quand elle était tout bébé, il est évident que la mère a été un élément déclencheur, ou à minima cathartique pour son fils, n’ayant aucune patience et de toute évidence dépourvue d’instinct maternel. Pour moi je dirais même que le débat n’en est pas vraiment un : la mère est indiscutablement à blâmer, quand bien même le fils aurait de toute façon développer une forme de folie. L’histoire est intéressante à suivre, les acteurs excellents, mais le style de narration étouffe tout semblant de suspens et l’on regrette des injustices si patentes et qu’il aurait été facile de prévenir. Quant à la reconstruction, je la trouve personnellement déplacée et de mauvais goût. Un bon film, mais pas l’œuvre coup de poing que j’espérais.
