A Foggy Tale

3 septembre 2026 0 Par Antoine


A Foggy Tale
2025
Yu-Hsun Chen

Inspiré de la période sombre de la grande répression communiste des années 50 à Taïwan, appelée « La Terreur Blanche », le film nous plonge donc dans cette époque de grande misère où la pauvreté et la famille se conjuguaient avec un gouvernement dictatorial qui procédait à une véritable chasse aux sorcières des dissidents politiques. Jeune idéaliste qui espérait pouvoir échapper au service militaire obligatoire, Yu-Yun va malheureusement être arrêté et fusillé. Sa jeune sœur pour qui il comptait plus que tout, Chiu-Yu, anéantie par cette nouvelle, va alors entreprendre un voyage à Taipei pour récupérer son corps et le ramener à son village natale, ne supportant pas l’idée que de surcroît il finisse dans une fausse commune.

Il est évident que la base du film crée un certain fossé culturel, la plupart des occidentaux auront du mal à se sentir en empathie avec la jeune fille, issue d’une grande pauvreté et prête à vendre le peu qu’elle a, mettre sa vie en danger pour « juste » ramener un corps. Personnellement, tout du long je me faisais la réflexion que l’objectif du récit est un non sens, l’enjeu étant bien moindre face aux concessions qu’il réclame, d’autant qu’on sent d’emblée qu’elle arrive sur place terriblement mal préparée, que ce soit par rapport aux sommes en jeux comme en termes de menaces potentielles. De plus, la fille est censée avoir 14 ans, alors que l’actrice en avait déjà 19, ce qui atténue un peu le décalage entre son âge et comment les gens la traitent, notamment la police. En dehors de ça, le contexte historique est à la fois très important et réussi, mettant en lumière une sombre époque pour que ce passé atroce ne soit pas oublié. Cette mésaventure, métaphore du deuil tant du frère que de l’enfance, est dans l’ensemble très prenante entre la solidarité du petit peuple au delà d’une survie déjà difficile, de même que cette amitié improbable avec un petit truand conducteur de pousse-pousse. Merci à Netflix d’avoir su mettre ce film taïwanais en avant, il est toujours bon de s’ouvrir à toute forme de diversité.