Boys over Flowers

28 juillet 2026 0 Par Antoine


Boys over Flowers
2009
Jeon Ki-sang

Remake d’une série japonaise éponyme sortie trois ans plus tôt, Boys over Flowers est considérée comme un monument de la culture sud coréenne, une référence en matière de kdrama et sans qui The Inheritors n’aurait pas exister puisque cette première a permis notamment à son acteur principal de devenir une giga star, y reprenant d’ailleurs un rôle très similaire à trois ans d’intervalle. C’était d’ailleurs non sans une grande frustration de constater que cette série n’était disponible nulle part, et c’est alors que Netflix l’ajouta à son catalogue, écoutant visiblement les conversations de ses abonnés. Nous y voilà donc, la série culte kdrama par excellence.

Tout comme Elite ou The Inheritors, on reprend à peu près les mêmes bases, c’est-à-dire de la lutte des classes et un parvenu qui se retrouve propulsé parmi les plus hauts de la haute. On suivra ainsi Geum Jan-Di (Ku Hye-sun), une prolétaire qui sera invitée à faire son lycée à l’école Shinhwa, la meilleure école du pays, dans le cadre d’un coup de pub pour cacher des cas de maltraitance ayant failli pousser un élève au suicide. Dans ce lycée, les 4F font la pluie et le beau temps, étant les quatre fils héritiers des quatre plus grands empires financiers du pays, menés par Gu Jun-pyo (Lee Min-ho) qui est lui l’héritier du groupe Shinhwa, de loin de le plus important de tous. D’abord moquée, ralliée et bizutée, Jan-Di va peu à peu réussir à faire changer les esprits de certains, mais les barrières sociales sont dures à franchir.

Plus j’y pense et plus il est difficile d’avoir un vrai avis objectif. Le concept de base est gageur et a prouvé mainte fois son potentiel. De plus, avec 25 épisodes d’une heure chacun, l’attachement aux personnages est évident, et on voudrait que la série ne s’arrête jamais. La plupart des acteurs sont bons, voir excellents, et la série a clairement eu les moyens de ses ambitions tant on a énormément de décors luxueux, de voitures de sport, et on voyage même beaucoup. On est très loin des sitcoms cheaps tournant sur une poignée de décors. Donc sur le papier, tout indique effectivement une excellente série dont on peut aisément comprendre l’engouement et la notoriété. Oui, mais soyons sérieux deux minutes, l’écriture est juste catastrophique…

L’abus dans toute sa splendeur : le côté « drama » de kdrama est vraiment exagéré bien au delà de l’outrance, c’en est juste usant, voir saoulant dans la dernière ligne droite. Au début, ce qui ligue les gens entre eux, source de toxicité voir de séparation, c’est uniquement le manque de communication. Les gens ne se parlent pas, ne justifient jamais leurs actions et laissent les gens en face s’énerver, se vexer, s’enrager. Puis quand cela ne suffit pas, on balance des retournements tonitruants dignes des pires soaps, avec sinon la belle-mère pour faire les pires horreurs. La série passe son temps à faire l’ascenseur émotionnel avec du vide, allant jusqu’à une insupportable amnésie dans l’avant-dernier et le dernier épisode, summum de l’insupportable qui ne sert qu’à retarder l’inévitable, trouvant même le moyen de nous mettre quatre ans dans la tronche gratuitement. Au début on s’en amuse, puis on rage, on souffle fort, mais le coup de l’amnésie je n’en pouvais juste plus, au secours.

Il faut aussi aborder un autre énorme problème d’écriture : les hommes. C’est juste affolant, quand ce ne sont pas juste des connards finis, ils sont veules, lâches, incapables de quoi que ce soit (sauf toi Ji-hoo, tu méritais tellement plus). Le pire est Gu Jun-pyo, certes charismatique et attachant dans le genre grand enfant pourri gâté qui devient fasciné par la seule chose que l’argent ne peut acheter, mais sa couardise est légendaire. Jamais il ne fera la moindre action, la moindre étincelle de rébellion, une pure victime qui se fait punir par sa maman en baissant la tête. Hallucinant le niveau désastreux de boussole morale des hommes dans l’ensemble, et ça se rajoute donc aux non-dits, la sorcière et autres retournements clinquants. J’aurais adoré aimer pleinement cette série, et je reste content d’en avoir fait l’expérience, mais je pense honnêtement que son écriture est si mauvaise que je ne la recommanderais jamais, même aux fans du genre.