Donnie Darko

Donnie Darko
2002
Richard Kelly

Presque passé inaperçu lors de sa sortie au cinéma (au scandale !), sa carrière a vraiment décollé lors de la sortie DVD, donnant à son réalisateur l’essor qu’on lui connaît aujourd’hui. Fort de son succès, les films psychologiques sont devenus sa spécialité avec Southland Tales et The Box. Un succès fort mérité, tant cette petite perle du cinéma indépendant a imposé à son film une vision psychédélique troublante et mémorable.

Le film raconte l’histoire de Donnie Darko (Jake Gyllenhaal), adolescent perturbé ayant quelques difficultés avec la réalité. Régulièrement, il se réveil au beau milieu de nul part, souffrant de graves crises de somnambulisme. Mais lors de la nuit du 02 octobre 1988, un rêve lui sauva la vie. Appelé par un esprit se disant venir du futur, matérialisé par un lapin répondant au nom de Frank, il évita un réacteur d’avion inexplicablement encastrée dans sa chambre. Mais ce répit n’est que momentané, son visiteur lui prédisant la fin du monde pour dans 28 jours. Il est temps de remettre un peu d’ordre dans la ville…

Véritable référence du genre que son propre réalisateur n’aura su égaler, le film est brillant. Tout dans ce film est colossal, mais le plus jubilatoire est sans contestes le fameux Donnie, exacerbé par ce monde de gens faux et qu’il rêve de voir brûler. Loin des adolescents classiques, il fait preuve d’un degré de maturité que certaines personnes n’arrivent jamais, même au crépuscule de leur vie, à atteindre. Il se joue de tout et de tous, bousculant les principes et la morale avec un plaisir grisant et communicatif, choquant avec sadisme, faisant montre d’un talent immense, comme son acteur qui rend le personnage si crédible. Les autres personnages comme sa sœur (Maggie Gyllenhaal), Jena Malone, sa copine, Patrick Swayze, le showman, ou Drew Barrymore, incarnant une professeur de lettres franche et dynamique, sont complètement éclipsés par la force de  son humour noir inégalable. Une force comique d’autant plus grande qu’elle est renforcée par une bande-son incroyable qui donne une toute autre dimension à certaines scènes comme la fête de l’école / le cinéma / l’incendie, la musique arrivant à faire passer toute la folie de l’univers. On peux même parler de claque monumentale avec la chanson Mad World de Gary Jules. Et bien sûr, il ne faut pas oublier le caractère psychologique du film, qui donne une envergure hallucinante au film, le posant comme une œuvre singulière, à l’image du terrifiant lapin cauchemardesque. Accessible malgré la relative complexité philosophique de son histoire, le film est surtout une magnifique joute jubilatoire sur la folie humaine dont on ne s’en lasse pas.

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