Félins

Félins
2012
Keith Scholey, Alastair Fothergill

Sorti aujourd’hui même au cinéma, le film a bénéficié d’une sortie hors du commun pour un documentaire : près de 400 salles de cinéma et une campagne de promo digne de Zarafa (impossible d’aller au cinéma sans en voir la bande annonce). Et il faut dire que la BA met l’eau à la bouche : décors exceptionnels, scènes épiques, intensité émotionnelle et hymne à la vie, le tout servi par une musique magnifique (Hoppipola de Sigur Ros – malheureusement pas présente dans le film).

Plus qu’un simple documentaire sur les félins de la réserve de Masaï Mara au Kenya, le film se disait être une véritable aventure inoubliable au plus proche des animaux. Il faut dire qu’avec plus de 900 jours de tournages, il a pu s’en passer des choses devant les caméras de Disneynature, nouveau label de documentaire animalier Disney en pleine expansion. Mais du côté de l’histoire, les promesses ne sont pas tenues : on assiste à une classique histoire avec deux familles avec la mère guépard et ses cinq enfants et une tribu de lions menacé par l’avidité et l’ambition d’une tribu voisine. Comme bien souvent, les problèmes évoqués sont la survie à la naissance, les difficultés à se nourrir, les dangers permanents, les aléas climatiques, le rejet… Bref, la vie ne sera pas facile pour nos félins.

Si le film se rapproche plus d’un documentaire classique que d’un film d’aventure, on peut par contre le féliciter pour la qualité de sa réalisation et de ses scènes qui mettent en avant toute la beauté et la grâce de ses acteurs et capture au mieux la magie et la poésie du lieu. L’équipe du film peut aussi se réjouir d’avoir pu immortaliser des moments émouvants et rares comme l’aide d’un éléphant pour une mère guépard attaquée par ses congénères, leur détermination face à des hyènes ou encore des preuves d’un instinct maternelle troublant de la part de lionnes. Et dans un soucis de réalisme et de conservation, l’équipe n’est jamais intervenu pour changer le destin des animaux, même quand des bébés guépard se font dévorer par des hyènes (des saloperies ces trucs là !). Et pour ne pas choquer les innombrables enfants dans les salles, une censure a été appliquée pour camoufler la mort et apaiser la violence des affrontements. J’imagine d’ailleurs bien les parents mentir allègrement à leurs enfants en leur disant qu’il ne s’agit que d’une fiction et qu’aucuns animaux n’est morts (d’autant qu’il n’y en a pas la preuve) puis ensuite leur expliquer pourquoi ils ne pourront pas adopter un lion, un guépard ou tout autre peluche du film. Car il est vrai que leur détresse et leur peine nous donne méchamment envie de passer de l’autre côté de l’écran tel un héros et ramener avec sois un cirque entier. De plus, même si la musique de la bande-annonce n’est pas présente, les musiques collent bien à l’ambiance et renforcent le côté émotionnel. Par contre, carton rouge pour Pascal Elbé, le narrateur français du film qui, en plus d’avoir une voix quelconque, ne fait que décrire maladroitement les scènes et le film aurait probablement été meilleur sans ses commentaires. Mais cela n’engage que moi. On a donc un très beau documentaire filmé magistralement mais qui narre une histoire banale et moins émouvante que prévu (je n’ai entendu aucun enfant pleurer).

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