Le Château ambulant

Le Château ambulant
2004
Hayao Miyazaki

Grand maître du cinéma japonais, Hayao Miyazaki a toujours écrit lui-même ses propres histoires en s’inspirant parfois de contes et autres histoires locales comme l’ont fait bien d’autre avant lui, tel les frères Grimm. Mais pour la toute première fois et seule fois depuis, le génie de l’animation porté par son Oscar du meilleur film d’animation pour Le Voyage de Chihiro, qui échappa malheureusement à celui-ci, s’est attelé à l’adaptation du roman Archer’s goon de Diana Wynne Jones, qui lui aura valut une nomination aux Annie Awards pour le meilleur scénario. Un choix des plus justifiés quand on voit à quel point les univers se marient bien.

Dans un contexte de guerre meurtrière entre deux royaumes voisins, le peuple est déchiré et ne comprend pas les motivations des différents partis, qui se contentent de bombarder les zones ennemies. En plein boom industriel, les navires et avions de guerre font face à l’armée de sorciers de la reine Suliman, bien décidée à remporter la guerre. Et au milieu de tout ça, une jeune artisane du nom de Sophie croisera le chemin de Hauru, le plus puissants de tout les sorciers. Son passage ne fut que furtif mais lui valut tout de même les foudres de la sorcière des Landes, ancienne amoureuse de Hauru, qui se vengea en lui jetant un sort : la vieillesse. Cloîtrée dans un corps délabré et faible, elle trouvera refuge dans le château ambulant, demeure mystique de Hauru.

Très loin d’un mignon et féerique Kiki la petite sorcière, ce film se situe clairement dans les sombres Miyazaki. L’ambiance est pesante et le ton est beaucoup plus dramatique et sérieux que à l’accoutumée. De ce fait, les plus jeunes sont mit à l’écart d’emblée, bien que le film ne se montre pas d’une extrême violence. Néanmoins, le réalisateur japonais n’en reste pas moins fidèle à lui même avec ses personnages ultra-travaillés et ses extravagances si particulières. Le fantastique prime toujours et la réalité se confronte aux créatures mythiques et bien d’autres esprits relatifs à la culture traditionnelle du pays du soleil levant. Sa patte est bien là mais pour trancher avec son style habituel et pour souligner la force de l’histoire, un effort hallucinant a été fourni pour rendre les décors plus vrais et sublimes que jamais aucun autre film d’animation n’a réussi à égaler. On emmétra par contre quelques réserves sur l’histoire, certes solide mais un poil trop classique comparée aux autres productions de son créateur. Au final, le film est esthétiquement parfait – avec d’ailleurs une musique très belle dont on reconnaîtra le style ayant œuvré sur d’autres projets similaires – et on se prend facilement à cette histoire / romance très spéciale mais qui ne nous emportera pas autant qu’espéré.

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1 réponse à Le Château ambulant

  1. Anaïs dit :

    D’ailleurs, à propos de cinéma d’animation, tu as vu qu’un nouveau film de Hosoda, le réalisateur de La traversée du temps et Summer War, sort dans 15 jours ? Ça s’appelle Les enfants loups et ça a l’air bien sympa !

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