Warcraft III : Reign of Chaos

Warcraft III : Reign of Chaos
2002
PC

Après deux premiers volets sympathiques mais souffrant d’un manque d’originalité inquiétant, la saga Warcraft avait trouvé avec ce troisième jeu un nouveau souffle, au point de s’imposer en terme d’univers et de créer un intérêt colossal qui prit des propensions inespérées avec le célèbre MMO axé dessus : World of Warcraft. Mais avant de devenir un jeu de rôle, la saga s’était illustrée dans le domaine de la stratégie :

Graphismes : 12/20

Evidemment, dans le contexte actuel, le jeu est très laid tant son moteur 3D est dépassé. Et dans une période de transition entre les jeux de stratégie en 2D isométrique et la 3D, il est normal d’avoir des personnages aux visages un peu carrés et autres textures pixelisées. En revanche, il n’est pas normal de constater qu’il est nettement moins beau que Age of Mythologie, sorti la même année. Comme pour Starcraft II, il aura probablement été limité par son développement très long. Mais grâce à quelques effets lumineux agréables, des couleurs chatoyantes et un style certain, même si on notera une certaine redondance en ce qui concerne les environnement (forêts, plaines, grottes ou montagnes), le jeu reste aujourd’hui encore suffisamment joli pour ne pas lui en tenir rigueur.

Jouabilité : 18/20

Comme tout jeu de stratégie du genre, il se compose de campagnes représentant les races disponibles, qui se porteront au nombre de quatre : les humains, les morts-vivant, les orcs et les elfes de la nuit. Chaque campagne se joue de façon très différente et c’est d’autant plus appréciable. Le principe est de suivre une aventure en la vivant avec une race différente en s’axant principalement autour d’un héros, ou d’une héroïne dans le cas des elfes. Ainsi, soit on disposera d’une base, soit notre héros partira en formation accomplir une mission donnée. Dans tout les cas, il est impératif de faire combattre coûte que coûte son héros car si sa force n’excède que peu les soldats de base, chacun des dix niveaux qui lui sera possible de gagner décupleront sa force, sa vitalité et, must du must, lui accorderont des pouvoirs des plus impressionnant au point qu’un héros niveau 10 peut, avec seulement quelques recrues, mettre à mal une base entière ou réduire une armée en une seule attaque. Et avec une multitude d’équipement disponible, il a y a de quoi former un dieu de la guerre. Et chaque nouvelle race s’appréhende différemment et chaque héros possède des habiletés uniques et incroyables. Et malgré une difficulté assez corsée, le plaisir est immense. L’équilibre des forces est par contre très loin d’être optimal : les mort-vivants sont très lent au démarrage alors que les elfes sont à la fois les plus rapides et les plus résistant en ressources en cas de longue partie. On regrettera par contre le manque d’optimalisation des parties en ligne / LAN et des « parties scénarisées » aussi injouables.

Durée de vie : 17/20

On compte donc quatre scénario qui évoluent en complexité, difficulté et donc en temps. Ainsi, si les campagnes humaines se bouclent en 20-30 minutes, celles des Undead font plutôt 30-45 minutes, puis entre 35 et une heure pour les orcs et du 45-75 minutes pour ce qui concerne les Night Elf. Ça donne pas moins de 30 heures pour terminer l’histoire, un record. Mais malheureusement, aussi passionnante que soit l’histoire, le multijoueur n’est pas à la hauteur et ne viendra gonfler ce chiffre qu’amèrement.

Bande son : 13 ou 17/20

Les bruitages sont excellents et l’ambiance est parfaitement retranscrite aux oreilles. Mais en ce qui concerne le doublage, le résultat est très variable entre la version française et la version américaine. Et comme très souvent, le passage outre-atlantique n’est pas à la hauteur de son homologue. Il n’en reste pas moins que la localisation n’est pas mauvaise, mais comparé à l’excellence originale, ça choque. La traduction trop littérale passe souvent moins bien et la localisation manque de punch.

Scénario : 16/20

Aux vus de l’univers, on pourrait penser que rien n’a été inventé puisque toutes les bases de l’héroïque-fantaisie y sont. Le prophète, les races, le renversement du trône : toute la première partie est trop classique mais n’est heureusement que le prologue d’un tout plus vaste. La « burning legion » est aussi intrigante que charismatique avec les Dreadlord et le fameux Archimonde. Tout évoluera de façon très positive et poussée, et avec une mise en scène de qualité, cette histoire figure parmi les meilleures du genre.

Note Globale : 18/20

Jeu mythique qui aura suscité beaucoup d’intérêt et instauré des millions de fans qui se sont précipité sur le MMO dédié, le jeu n’est en rien surfait. Si son moteur graphique ne brillait déjà pas à l’époque, le jeu peut néanmoins compter sur une campagne des plus riches entre une durée défiant toute concurrence et un système quasi-parfait qui se réinvente à chaque chapitre. Assez classique dans la forme comme dans le fond, le jeu innove tout de même sur bien des point avec notamment le principe de héros, un élément de RPG qu’il incorpore avec génie. Pouvoirs jouissifs et missions jamais rébarbatives, l’esprit humains sera mit à rude épreuve pour sortir victorieux de chaque situation où patience et sécurité sont les maîtres mots. Dans son emballage un peu vieux et kitch, le jeu offre une aventure inoubliable qui n’aura malheureusement pas le multi qu’il mérite.

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