L’Exercice de l’Etat

L'Exercice de l'Etat
2011
Pierre Schoeller

Quand on regarde les cérémonies des Césars et des Oscars, il y a un véritable faussé : respectant le principe de récompense, les Oscars recensent les meilleurs films de l’année, contrairement aux Césars où la plupart semblent mauvais et s’avèrent l’être. Lauréat des Césars du meilleur acteur secondaire pour Michel Blanc, meilleur son et meilleur scénario, le film connu aussi un vif succès dans de nombreux festivals et dans la presse. Mais après l’avoir vu, c’est à se demander s’ils parlent bien du même film…

Comme il faut bien commencer le film quelque part, on nous présentera un terrible accident de bus ayant causé la mort d’une dizaine de personnes, majoritairement des enfants. Petite histoire introductive, elle permet d’amener le personnage clef du film : Bertrand Saint-Jean (Olivier Gourmet), ministre des transports. Embourbé dans ce terrible accident, il se voit submergé par une nouvelle affaire : la crise ferroviaire. Ayant généré quelques 0.5 milliard de déficits, l’Etat voudrait se débarrasser de ses gares en les privatisant. Entre un déficit abyssal, des ministres qui se tirent dans les pattes et des manifestations hasardeuses, un chaos sans merci s’installe.

L’exercice du film politique réussi souvent très bien mais il faut bien avouer que ce sujet là est des plus hermétiques : la privatisation des gares. À la limite, pourquoi pas, mais l’angle choisit est mauvais : il privilégie la bureaucratie au terrain et l’attente à la résolution. Le film effleure le sujet sans jamais l’expliquer en détail et nous jette des faits sans autre forme de corrélation. Les rôles sont mal identifiés et on perd un temps incroyable à la mise en place de l’affaire. Mais le début ne constitue pas le seul moment de flottement du film : tout est incroyablement mou et on enchaîne les plans inutiles. Il semble évident que cette histoire maladroite et bancale ne tient pas la longueur et que pour boucher les trous, les conversations téléphoniques insipides ont été multipliées. Et malheureusement, le vide scénaristique n’est pas le dernier des problèmes du film. En effet, le casting est particulièrement minable : il ne fait aucun doute que le César de Michel Blanc récompense plus l’ensemble de son œuvre que le film. Pour ce qui est de Olivier Gourmet, qui nous a tant habitué à des prestations catastrophiques, c’est pire que tout. Bien sûr, le fait que son personnage soit abject, grossier, malpoli, égoïste, narcissique, abruti et ayant l’ouverture d’esprit d’un syndicaliste à qui on demanderait de faire travailler une entreprise le 25 décembre, ça n’aide pas, mais il ne reste pas moins que son interprétation est au mieux exécrable. Dire que l’on se fait chier durant ce film serait un doux euphémisme…

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