Etat de choc

Etat de choc
2011
Baltasar Kormákur

Que feriez-vous si votre enfant était en phase terminale d’un cancer des poumons et que sa seule chance serait une greffe qui n’arrive jamais ? Personnellement, je demanderai d’abord un test de paternité, puis à voir la mère, pour rectifier le tir, surtout si elle ressemble à Diane Kruger (la mère du film).

Normalement, dans pareil cas, il n’y a pas grand chose à faire d’autre que prier et attendre. Mais ici, l’aisance financière de Paul Stanton (Dermot Mulroney) lui permettrait de sauver sa fille en achetant ses poumons sur le marché noir. Aiguillé par la responsable clinique (Rosanna Arquette) de sa fille, il partira sur les traces d’un certain docteur Casanova, fournisseur d’organes pour personnes fortunés. Direction le Mexique, sa criminalité et sa violence.

Le film démarre de façon assez floue et brouillonne, mélangeant deux espaces dans deux mesures de temps distinctes, sans autre forme de césure. La simplicité de l’histoire (trouver un donneur) est heureusement suffisamment simple pour que le film n’en pâtisse pas trop, bien qu’il n’en démorde au scénario de nous proposer quelque chose qui tienne la route. Néanmoins, si le film se suit avec intérêt, on notera pas mal de temps morts, mais aussi quelques incohérences notoires, culminant à la fin. Si la quasi intégralité du film se laisse regarder, bien qu’on soit loin d’un bon divertissement ou à défaut une œuvre réfléchie, la fin réduit à néant l’intérêt qu’on aurait pu porter à la dévotion de ce père. Dans un final où on apprend que l’organisation utilise les enfants abandonnés comme ressource d’organes, et que l’un d’eux s’apprête à être sacrifié pour que la fille survive, le père décide d’assassiner sa propre fille pour sauver cet inconnu. Le regard de la mère à l’enterrement résume bien la situation : lui qui devait la sauver, il en est devenu le meurtrier. Grotesque, incompréhensible, stupide, indigne, malhonnête, viscéralement mauvais, la colère nous gagne face à cette fin hautement répréhensible. Et dans ces conditions, à quoi bon regarder le film ? J’accuse !

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