Rapt

Rapt
2009
Lucas Belvaux

Un rapt est un enlèvement à but lucratif. À mi-chemin entre une histoire originale et une adaptation, le film s’inspire de l’enlèvement du Baron Empain, ex-patron de l’actuel grand groupe industriel Schneider Electique (qui s’appelait alors Empain Schneider), qui fut donc kidnappé en 1978.

Dans le film, c’est un certain Stanislas Graff (Yvan Attal), patron de l’un des plus gros groupes français, qui est victime d’un enlèvement. Se basant sur sa supposée immense fortune due à ses 20 milliards de chiffre d’affaire, ses ravisseurs n’hésiteront pas à réclamer une rançon de 50 millions €, une somme qu’il n’a malheureusement pas. Même en mettant bout à bout ses biens, il ne eut faire guère mieux que 20 millions, et sa société se refuse de payer. Inflexibles sur la somme, les choses vont se traîner et de sombres vérités sur Griff vont remonter : maîtresses à gogo, avec son appartement secondaire dédié, et des reconnaissances de dettes dans divers casinos s’élevant à des millions. Lynché par la presse, oublié par ses proches, ce géant de l’industrie, qui croyait tout avoir, va se retrouver seul.

L’enlèvement est un sujet récurrent au cinéma et est souvent bien traité, que ce soit par l’approche humaine ou en version blockbuster (Otage avec B. Willis). Ici, le réalisateur a clairement penché pour une attaque psychologique du sujet. On aura donc d’un côté un bras de fer entre la famille, les avocats de la société, et les forces de l’ordre, pour savoir comment appréhender la situation, et de l’autre, les mystérieux ravisseurs et leur victime, subissant l’impasse de la situation. Toutes ces situations sont passionnantes, mais on émettra quelques réserves. Côté histoire, si l’ensemble est un modèle de construction et de solidité, on ne comprendra jamais pourquoi cet intransigeance sur la somme de la rançon, surtout venant d’une bande-organisée aussi prévoyante et professionnelle. De plus, si Yvan Attal est excellent et porte magistralement le film, l’intégralité du casting est préjudiciable : incapacité à jouer correctement une émotion, répliques creuses ou lamentablement interprétées, et tendance générale à l’exagération. Il est regrettable de voir une si bonne idée, aussi solidement menée, être ainsi tirée par le bas. On restera malgré tout happé par cette histoire.

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