Astérix et Obélix contre César

Astérix et Obélix contre César
1999
Claude Zidi

Partie intégrante du patrimoine français, la célèbre bande dessinée de Uderzo et Gossini aura connu de nombreux projets d’adaptation, notamment avec de Funès qui se voyait bien en Astérix, mais il aura fallut attendre nombre de décennies pour que cela se concrétise. Son scénariste Gossini aura donc échappé à ce ratage, pourtant éprit de bonne intentions.

Sorte de mixe entre La surprise de César et Le coup du menhir, le film nous emmènera en 50 avant Jésus Christ, alors que la Gaule est aux mains de l’empire Romain. Toute ? Non, un village d’irréductibles gaulois résiste grâce aux potions magiques de son druide, qui leur donne une force herculéenne durant dix minutes. Un général romain cupide et ambitieux, Détritus (Roberto Benigni), désire se l’accaparer pour renverser César et prendre possession de Rome. Mais c’est sans compter sur les protecteurs de la ville : Astérix (Christian Clavier) et Obélix (Gérard Depardieu), toujours fidèles au poste.

Si la presse s’était montrée optimiste à propos du film, la huée des spectateurs est sans appel : énorme déception. Pourquoi le film n’a pas convaincu malgré l’inspiration des œuvres, son budget astronomique (250 millions de francs, soit près de 42 millions €), et son casting hallucinant ? En effet, outre le tandem et l’italien, on retrouve un sacré panel : Michel Galabru, Daniel Prévost, Pierre Palmade, Laetitia Casta, Arielle Dombasle ou encore Jean-Pierre Castaldi. Mais seulement voilà, personne, mise à part peut-être Obélix (il faut dire que son acteur s’est, et continue encore, à beaucoup s’investir dans le rôle, gardant coûte que coûte la ligne), ne tient la route. Entre des italiens à l’accent au couteau, avec en particulier un César minable, des acteurs qui en font des caisses et un Astérix insupportable, bien que dans l’absolu l’acteur est bien choisit, le casting n’est clairement pas un avantage. Pour ce qui est de l’histoire, elle a au moins le mérite de réunir les livres avec habileté et logique, mais il manque clairement la puissance humoristique qui s’en dégageait. Dire qu’on s’ennuie est un euphémisme tant le film est lourd et les gags indigestes. Côté décors, c’est plutôt fidèle, quoique le village fait un peu trop bouseux et pas assez coloré, mais on ne sent pas tellement la profusion financière, tout juste peut-on se réjouir des effets-spéciaux correctes. Le résultat en salle ne fut pourtant pas si mauvais, preuve de la popularité de cet univers : 8,78 millions d’entrées, une rentabilité quasi nulle mais assurée, chose que des J.O. n’ont pas eu. La déception est à la hauteur de l’évènement, faisant presque douter du potentiel de la BD. Heureusement, trois ans après, Chabat redora le blason du petit blond moustachu et de son ami enrobé.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.