En cloque mais pas trop

En cloque mais pas trop
2009
Lara Shapiro

Oui, ça fait peur : un titre débile, une affiche grotesque, et une Lindsay Lohan qui a surtout fait ses preuves en tant qu’alcoolique et junky. En gros, on peut s’attendre logiquement à une bonne grosse purge intellectuelle à l’humour gras et à l’histoire indigeste. Une optique excellente puisqu’on ne peut qu’être agréablement surpris.

Et effectivement, le film s’amorce sous le signe du grand n’importe quoi : alors qu’elle est sur le point d’être virée, Thea (Lindsay Lohan) se fait passer pour enceinte afin de sauver son poste, mais surtout sa petite sœur (Bridgit Mendler) dont elle a la charge depuis la mort de leurs parents. Un mensonge aussi pratique qu’encombrant. Mais q’est-ce qu’un faux ventre et mauvaise conscience face à une envolée professionnelle, le respect et l’attention ? Une situation tellement agréable qu’elle en oublierait presque que c’est pour de faux…

Une comédie américaine sur la grossesse qui commence classiquement avec ses personnages sympathiques mais creux (avoir un traumatisme passé ne fait pas une personnalité) et qui part sur un banal mensonge de fécondation, avec tous les gags et comiques de situations possibles dessus, mais avec une certaine efficacité il faut reconnaître (on évite les grossièretés, ouf !). Mais là où le film décolle vraiment, c’est quand son héroïne se met à déraper et qu’elle s’auto-convainc de la véracité de sa grossesse. Drôle et presque philosophique, le film donne un peu matière à réfléchir, et aurait tendance à susciter ce désir d’héritage génétique. Des sourires plus que des rires, de l’attention plus que de l’intérêt, le film marque des points, et se laisse finalement regarder, et c’est déjà plus que ce qu’on pouvait espérer.

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