Appel d’urgence

Appel d'urgence
1989
Steve De Jarnatt

Le film commence tranquillement, dans un mode comédie romantique guimauve. On retrouve deux jeunes adultes, Harry et Julie, pas très bien fait de leurs personnes, qui arpentent gaiement les coins mignons et festifs de Los Angeles, pauvres amoureux transit qu’ils sont. C’est mièvre, incroyablement vieillot, et les acteurs sont terriblement mauvais. Mais soudain, Harry va décrocher le téléphone…

« Hallo, c’est bien toi ? C’est horrible, ils l’ont envoyé ces fous ! Tout va exploser ! Dans 50 minutes la guerre nucléaire va débuter ! ». Bien évidemment pas adressé à lui, ce coup de téléphone va le chambouler. Une femme se trouvant là au restaurant, ayant plusieurs connaissances bien placées, lui confirmera la terrible nouvelle : leurs minutes sont comptées ! Vite, pas une minute à perdre : il faut foncer à l’aéroport et mettre les voiles le plus loin possible. Mais pour Harry, pas question de partir sans sa Julie, aussi moche soit-elle. Et malheureusement pour eux, le neurone est une denrée rare par ici…

Comment, on ne va pas chercher Julie ? Bon bah je saute de la voiture, puis ensuite je me tape un petit somme sur le bitume, même si le compte à rebours est lancé. Ah, enfin ma chérie ! Tu dors ? Mais laissons la dormir voyons ! Trop fun, et si on y aller en hélicoptère ? Comment, personne ne sait le piloter ? Prendre la voiture j’ai plus envie, allons chercher un pilote à 4 heure du mat ! Chérie, reste là. Bah chérie, qu’est ce que tu fout là ? On approche de la fin ? Et si on oubliait l’hélico et qu’on foutait plus rien ? Tiens, ce gros con de pilote revient pour mourir avec nous ? Ah mince, on coule pas bien et il suffit de passer par les vitres cassées pour s’en sortir… Bon bah noyade !

Le film est l’une des plus grosses conneries qui m’ai été donné de voir. L’instinct de survie, ça fait peur ! Visualisez un comportement rationnel face à une menace que seul vous et une poignée de gens connaissez, et prenez l’exact opposé, mêlé à de la démence anarchiste. Les protagonistes du film sont tous d’une bêtise affligeante et hors norme, surtout la grosse cruche de morue qui n’arrivera pas une seule fois à faire quelque chose de sensé ou de logique, complètement démunie face à son vide cérébral abyssal. Le Harry n’est pas mal non plus : de débile binoclard ultra coincé, il passera à prophète suicidaire trisomique. Exténué et groggy, le spectateur subira cette démonstration de « tout ce qu’il ne faut pas faire en cas de catastrophe imminente » tel un calvaire, espérant à chaque instant que quelqu’un fasse preuve d’intelligence, en vain. Le potentiel nanar n’y est même pas : on ne ressent que de la lassitude, et le second degré n’existe pas. Donc à moins de vouloir rager face à cette débâcle par pur masochisme, mieux vaut brûler toutes les reproductions de ce massacre neuronal.

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