L’Etrange Noël de M. Jack

L'Etrange Noël de M. Jack
1994
Henry Selick

À cause de son design très spécial et de l’animation qui en découd (principe de « stop motion »), j’ai indéfiniment boudé le film. Même la patte de Tim Burton à l’écriture n’y changeait rien : le style me laissait pantois. Mais seulement voilà, depuis Kingdom Hearts et ses descendants sont passés par là, dévoilant son univers dans un contexte charmeur et qui donnerait presque envie. Et si après tout je passais à côté d’une perle ? En plus, voilà une bien pratique occasion d’évoquer Noël.

Présenté sous forme de conte de l’horreur, le film prend racine dans le ville d’Halloween, monde magique composé d’un quartier lugubre, d’un cimetière, et entouré d’une forêt infinie. Lieu de perdition, cet endroit infesté de monstres et de fantômes n’a qu’un seul but : préparer le jour d’Halloween pour qu’il suscite le plus de peur possible chez les enfants. Meilleur élément du village, Jack Skellington est cependant fatigué de son éternité de terreur, aspirant à du changement. Perdu en forêt, il tombera sur une porte dimensionnelle, menant à la ville de Noël. Émerveillé par ces couleurs, intrigué par le bonheur, Jack n’en revenait pas de la joie de cette fête. Cette année, c’est décidé : ce sera lui qui gérera Noël.

Si il est assez évident du caractère enfantin de cette histoire, il faut bien reconnaître que le film est original. Les deux univers peints se marient très bien et leur fusion est inédite, aboutissant même à beaucoup de poésie sur l’existence et la condition humaine. Mais plus encore, c’est surtout la patte graphique qui tranche, donnant une identité particulièrement forte au film. Ambiance très gothique, couleurs ternes et image sombre : on reconnait immédiatement l’emprunte de Tim Burton. Pour ce qui est de la technique à proprement parlée, les décors sont somptueux, les marionnettes vivantes, et les jeux de lumières réalistes, mais l’animation n’est pas très fluide, par manque d’images (à croire que trois ans passé à construire et immortaliser les scènes n’étaient pas suffisant). Certes moins fort que son visuel, un autre aspect du film retiendra notre attention : le son. Musiques virevoltantes endiablées et chansons brillantes ponctuent le film, alliant mélodies superbes à des paroles pertinentes et surprenantes d’intelligence. On retrouve donc un Disney de qualité qui s’impose dans tous les domaines artistiques, mais dont l’excentricité en rebutera plus d’un, à tort.

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