Simon Werner a disparu…

Simon Werner a disparu…
2010
Fabrice Gobert

Sorte de teen-movie à la française, le film s’axe autour de la disparition d’un élève d’une classe de terminale, Simon Werner. Et à la manière d’un Angles d’attaque, le film nous propose de découvrir le fin mot de cette histoire par les yeux de divers intervenants.

Premier spectateur de cette disparition, Jérémie, camarade de classe de Simon. Sportif populaire, c’est lors de sa fête d’anniversaire de ses 18 ans que deux élèves vont tomber sur un corps inanimé, caché dans le bois avoisinant le quartier. Tout à commencé dix jours auparavant, alors que Simon fut déclaré disparu, sans qu’aucun de ses amis ne soit au courant. Et quelques jours plus tard, une autre élève se porte absente. Puis le lendemain, c’est Ravier, le fils d’un prof suspect, qui disparaît à son tour. Coïncidence ? Serial Killer ? Après le point de vu de Jérémie, le film nous fera découvrir la vérité à travers les yeux de Alice, la petite amie de Simon, reine du lycée, puis Ravier, le mystérieux troisième disparu, tête de turc de sa classe, et enfin Simon en personne, l’énigmatique.

Chaque histoire nous balade de théories en hypothèses, nous faisant partir sur d’innombrables pistes toutes plus fausses les unes que les autres, laissant la surprise finale. On aurait aimé pouvoir la deviner, mais le choix de nous aiguiller sur de faux indices est pertinent dans la mesure où le spectateur cherchera sans cesses, et subira au final l’histoire comme les protagonistes. Quatre histoires, quatre styles : le premier est orienté teen-movie classique, humoristique, le deuxième fait dans le sentimentalisme et la fragilité féminine, le troisième est plus psychologique, on ressent la frustration de cet incompris, puis la dernière partie est plus angoissante, nous faisant redouter le moment fatidique de la révélation. La cohésion est à toute épreuves mais la césure est nette entre chaque partie, montrant plus encore le travail de profondeur sur la structure de l’histoire et la psychologie des personnages. Et malgré leur inexpérience, les acteurs sont convaincants (mention spéciale à la prometteuse Ana Girardot), et on adhère complètement au principe. Un film recherché, original, et incroyablement frais, surtout pour du cinéma français, habituellement frileux quand au renouvellement artistique.

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