Les Bêtes du sud sauvage

Les Bêtes du sud sauvage
2012
Benh Zeitlin

La sortie du film se fit en catimini, et il n’a donc récolté que 15 millions dans le monde, dont 11 aux Etats-Unis où le film a reçu le soutien personnel de Obama et Eastwood, bien que ce dernier ai déclaré n’avoir pas pu terminer le film, car les mouvements de caméra lui donnaient envie de vomir. Super pub ! Bref, malgré la présence du film dans certains petits festivals, il aurait dû sombrer dans l’oubli, mais c’est sans compter sur la plus prestigieuse cérémonie cinématographique au monde : les Oscars. Quatre nominations dans les plus importantes catégories : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur actrice et meilleur scénario adapté, étant issu d’une pièce de théâtre. Mais si le film est si bon, pourquoi n’a t-il pas mieux marché ?

Tel une tribu indigène, le film nous montre un lieu imaginaire, au sud de la Louisiane, où vivent quelques familles, en marge de la société. Ils appellent cet endroit le bassin, car il forme une cuve entre la mer et les remparts de la ville. Communauté vivant selon le principe d’entre-aide, la monnaie n’existe pas et chacun pêche ou cultive son bétails / plantations. Au milieu de tout ça, Hushpuppy (Quvenzhané Wallis) vit tranquillement avec son père et leurs animaux. Mais à cause du réchauffement climatique (de fortes pluies en réalité), le niveau de l’eau a monté et leur paisible nid, aussi insalubre fut-il, disparu dans la nuit. Et avec les problèmes de santé de son père, la situation est délicate.

Par acquis de conscience, et pour pouvoir légitimement, et en toute connaissance de cause, proposer prochainement mes nominations des meilleurs / pires films de l’année, il m’étais indispensable de visionner l’un des outsider des prochains Oscar, comme le fut Démineurs trois ans plus tôt. Le principe du film est simple : nous faire adhérer au style de vie d’une petite fille à fort caractère, dont la dureté de la vie l’encourage à rêver et à idéaliser son monde. Une belle petite histoire poétique, pleine de naïveté et pourtant réaliste, le film n’est pourtant clairement pas un grand film. Entre sa réalisation saccadée et instable, et sa lenteur atroce, le spectateur se demandera que faire entre dormir ou vomir. L’histoire est vraiment faiblarde, et l’ennui est omniprésent. Donc « meilleur film, réalisateur et scénario », on en est très loin, et cette nomination tient plus du canular. Reste « meilleur actrice », pour la jeune Quvenzhané Wallis de 6 ans. Si son âge prête déjà à rire aux Oscars, sa prestation, certes très bonne, ne mérite assurément pas une nomination, bien que sa carrière pourrait être intéressante à suivre. Si la catégorie « meilleur espoir féminin » existait, comme en France, la question pourrait se poser. Donc mise à part sa poésie et son intrigante ambiance, le film n’est pas bien passionnant. Un film qui n’a rien à faire aux Oscars.

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