Argo

Argo
2012
Ben Affleck

Pour sa troisième réalisation, Ben Affleck fait encore très fort. Gros buzz après sa présentation à Toronto, le film a fait un sacré carton au cinéma, surtout aux Etats-Unis où il a littéralement explosé. Sacré meilleur film dramatique et meilleur réalisateur aux Golden Globes, le film est aussi très bien positionné pour les Oscars. Cette fois ci, le film fait dans la politique, avec une histoire vraie.

En 1950, l’Iran se libéra du joug américain grâce à son nouveau roi Mossad qui nationalisa les entreprises iraniennes, rendant le pétrole à son peuple. Compte tenu des pertes financières, les Etats-Unis et l’Angleterre fomentèrent une guerre pour reprendre le contrôle du pays, et mirent à la tête du pays le maire Shah, grand dépensier, mais docile et manipulable. Le peuple mourrait de faim, mais les américains s’en mettaient plein les miches : la situation parfaite. Mais entre une police tortionnaire et une politique occidentalisée, la révolution était imminente, et éclata en 1979, remettant un extrémiste religieux au pouvoir, et menant une politique de vengeance. Le peuple réclame la tête du Shah, réfugié aux Etats-Unis pour y soigner son cancer. Pour obtenir gain de cause, le peuple assiégera l’ambassade américaine d’Iran et prendra en otage 52 américains. Néanmoins, six autres ont réussis à sortir de l’établissement, et ont trouvé refuge à l’ambassade canadienne. Leurs jours sont tout de même comptés : leur identification et leur traque n’est qu’une affaire de jours, et la CIA doit au plus vite trouver une solution pour les extrader, les 52 autres étant déjà condamnés à mort. Tony Mendez (Ben Affleck) va alors mettre sur pied un plan : faire croire qu’il y tourne un film de science-fiction, avec dans son équipe l’Oscarisé John Chambers (John Goodman), le responsable des effets spéciaux / maquillages de la saga Planète des Singes, un producteur de Hollywood, et un vrai scénario, baptisé Argo.

La petite séquence d’intro choque : les américains sont clairement désignés comme responsables de la pauvreté en Iran à cause de leur spoliation pétrolière et de leur incapacité à assurer un gouvernement décent pour les locaux. Incapables de reconnaître leur erreurs, ils iront jusqu’à soutenir inconditionnellement leur ancien protégé, chose que les français n’ont pas assumé avec Kadhafi. Des négociations impossibles avec les iraniens donc, pourtant adeptes de la torture et de la pendaison en place public. Le film est donc perturbant dans la mesure où il présente les deux parties comme fautives. Pas de prise de partie, un choix respectable et rare. Il se structurera ensuite en deux segments, l’un retraçant la mise en place et le bétonnage du faux-film « Argo », avec une orientation comédie et républicaine sur les valeurs humaines et l’intelligence dont peuvent faire preuve des hommes motivés, l’autre au ton sombre et pesant, sur le sauvetage des six ressortissants américains. L’histoire ayant été restée secrète jusqu’en 1997, alors dévoilée par le président Bill Clinton, une très grosse majorité de la population actuelle ignore tout de la finalité de la mission, laissant planer un suspense total parfaitement mit en scène, avec un soucis du timing millimétré. En plus d’exploser à l’écran pour sa sobriété et la classe qu’il dégage, Ben Affleck s’inscrit définitivement comme un grand réalisateur. Les rôles secondaires sont très bon aussi, malgré certains clones des Beatles qui passent difficilement, bien que le contexte l’impose. Belle approche, bon casting, excellente histoire très bien ficelée à fort suspense : le film est un sérieux candidat pour les Oscars.

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