Un mari idéal

Un mari idéal
1999
Oliver Parker

Indiqué comme étant tiré d’une œuvre de Oscar Wilde, ce film a pourtant des faux airs de Bel Ami. Le film nous embarque avec un certain Lord Arthur Goring (Rupert Everett), riche célibataire de la bourgeoisie londonienne de la fin du XIX° siècle, qui multiplie avec nonchalance et frivolité ses conquêtes, mais il n’est pas le mari idéal dont le titre fait référence…

Le monde est en pleine insouciance, les gens sont heureux et l’avenir semble radieux. Sir Robert Chiltern (Jeremy Northam) est sans doute l’un de ceux qui nagent le plus dans le bonheur : fortune faite, carrière brillante au parlement, et mariage heureux avec une femme (Cate Blanchett) qu’il aime plus que tout au monde. Bref, un mari idéal. Mais son ascension est basée sur une terrible trahison, qui est arrivée aux oreilles de Mrs. Laura Cheveley (Julianne Moore), femme d’affaire redoutable qui a un peu trop investie d’argent dans un canal en Argentine dont Sir Robert s’apprête à ordonner la cessation. S’il ne change pas d’avis sur le canal, elle le menace de tout divulguer aux journaux. Il se tournera alors vers son meilleur ami, Arthur, malheureusement déjà bien occupé à en séduire la sœur (Minnie Driver) et à repousser les avances de Laura.

Dans ce cadre mondain du Londres d’antan, on suivra les fresques d’un odieux chantage de la part d’une vil diablesse ensorcelante de beauté, et qui représente une catégorie presque imaginative tant leur nombre a été négligeable : les femmes d’affaires. Mais le film tranche radicalement avec le style habituel de ces reconstitutions historiques, généralement orientées drame avec une ambiance triste, en proposant un panel de gens heureux vivant gaiement et plaisantant de tout. Les politesses sont de rigueurs, et le langage y est particulièrement chaste et soutenu, sans aucun écart de conduite, créant une atmosphère décalée et humoristique. Même cette affaire de chantage est sujette à la plaisanterie, servant de lien à des situations délicates et cocasses. Le sens des convenances poussé à l’extrême possède un charme et un potentiel comique indéniables. On rit fréquemment, les personnages sont charismatiques et les décors sont beaux et fidèlement retranscrits, mais on aurait aimé un peu plus de folie, de fougue, de surprises. Un peu trop prévisible, le concept du film n’évolue pas tellement, et on s’en lasserait presque sur la fin. Reste une œuvre décalée et sympathique qu’on a plaisir à découvrir.

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