Mission : Impossible – Protocole fantôme

Mission : Impossible - Protocole fantôme
2011
Brad Bird

Si les deux premiers Mission : Impossible ont fait un carton croissant, le troisième marqua le déclin de la saga d’espionnage : budget en hausse de 25 millions, alors que les recettes chutent de 148 millions et fait même moins bien que le premier film en tombant sous les 400 M$, une grande déception alors que le niveau du film était dans la lingée des deux autres, à savoir plutôt bon. Les négociations ont donc été dures pour le film, et il mit cinq longues années pour débarquer, en espérant que le niveau décolle enfin.

Pour cette quatrième aventure, la Force Mission Impossible (dont le rôle chaise musicale du président revient à Tom Wilkinson) enquête sur un certain Cobalt, dangereux extrémiste prêt à faire sauter une bombe nucléaire sitôt son acquisition faite. Pour le déjouer, Ethan Hunt (Tom Cruise) a besoin d’infiltrer le Kremlin de Moscou pour y récupérer des informations, mais la mission fut un fiasco : l’équipe de Cobalt, déjà sur place, a récupéré les appareils de lancement avant Ethan et son équipe (Paula Patton et Simon Pegg, rejoints après par Jeremy Renner) et déclencha une bombe pour faire sauter le Kremlin et faire disparaître les preuves. Pour les Russes, il s’agit d’un attenta américain, et le président des Etats-Unis a choisit de désavouer l’agence Mission Impossible dans son intégralité, mettant fin aussi à la mission. Mais pas question de le laisser Cobalt déclencher une guerre nucléaire, même si la mission semble impossible.

Cette saga divertissante mais pas extraordinaire a connu un rebond fantastique avec ce quatrième film, tant le succès fut critique et commercial : 694,7 M$ au box-office, soit près de 150 M$ de plus que le second opus et une amélioration de 300 M$ par rapport au troisième, inespéré. Une révolution ? Pas vraiment, on retrouve toujours le même type d’histoire : un méchant qui veut créé le chaos et contempler sa destruction. La structure est aussi plus ou moins la même : enquête facile, grosses scènes d’action, et de l’infiltration périlleuse. On gardera notamment en mémoire toute la partie à Dubaï, très réussie et avec une ascension spectaculaire. Ce que ce film a de mieux que les précédents, c’est ses acteurs secondaires et son rythme. Côté acteurs, la nouvelle équipe est sympa, avec surtout un Jeremy Renner qu’on annonce comme un futur successeur de la saga, et on retrouvera deux têtes connus : Josh Holloway et Léa Seydoux, dans des rôles minimes. C’est donc surtout au niveau du rythme que le film trouve son équilibre, harmonisant la dynamique de début du dernier volet. Tout ne se vaut pas mais il n’y a au moins aucun relâchement, et la fin vient même redonner espoir en évitant les facilités qui ont fait de Ethan Hunt le seul personnage récurrent de la série, Luther ne faisant ici qu’une brève apparition. La saga s’est donc trouvé un casting, maîtrise parfaitement sa réalisation, mais pêche toujours côté scénario, qui n’arrive pas à proposer une réelle enquête poussée sur un sujet intelligent. Le prochain essai ne sera par contre pas pour tout de suite, le cinquième film n’étant pas prévu avant 2015, sans raisons avancées.

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