Eternal Sunshine of the Spotless Mind

Eternal Sunshine of the Spotless Mind
2004
Michel Gondry

Quand l’amour rencontre la science-fiction. Élu le film le plus original à Deauville, et récompensé aux BAFTA et aux Oscars pour son scénario, le film est considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs films de l’histoire, et est le 77° film le mieux classé sur IMDb. Quel talent ?

Menant sa petite vie tranquille, suivant le même quotidien depuis bien trop longtemps, Joel (Jim Carrey) se réveillera un jour, attendant son train pour aller travailler, et décidera sur un coup de tête de partir dans une toute autre direction. Marchant nonchalamment sur la plage, repensant à son désert affectif, il fera la rencontre de Clémentine (Kate Winslet), une jeune folle aimant les couleurs extravagantes et changeant de couleur de cheveux en fonction de son humeur. Entre eux c’est le coup de foudre en ce jour de saint valentin, tel un coup du destin. Mais un jour, après un an passé ensemble, la flamme ne brille plus autant, et après une dispute Clémentine, prompt à réagir, décide de faire appel aux services d’une société qui propose d’effacer ses souvenirs de Joel. Désemparé par une telle nouvelle, et anéanti d’avoir perdu l’amour de sa vie, il décidera à son tour de l’oublier. Mais alors que l’opération était déjà lancée, il se mit à revoir une dernière fois ses souvenirs avant leurs disparition, lui faisant douloureusement regretter tout ces bons moments. Il tentera alors de lutter contre le processus.

Comme quoi, quand Jim Carrey sort un peu de son registre habituel, on assiste à du très grand cinéma. Alors que le film « commence » par une gentille comédie romantique sur un gars triste et solitaire qui tombe sur une fille complètement déjanté qui lui redonnera la joie de vivre, on bascule dans la science-fiction avec cette société qui propose d’effacer de la mémoire les souvenirs liés à une personne. Le fonctionnement du procédé est d’ailleurs presque plausible, ou du moins se trouve être intelligemment présenté. On retrouvera au passage un sacré casting dans cette entreprise, avec Tom Wilkinson en patron, Kirsten Dunst en secrétaire, et Mark Ruffalo et Elijah Wood pour la manipulation des appareils. Si le fond du film sera donc l’exploration des souvenirs de Joel liés à Clémentine, le contexte de cette vision et sa présentation sont tellement extraordinaires et originales que le film prend tout de suite une autre dimension, renforcé il est vrai par l’immense talent des deux acteurs principaux, formant un couple aussi fou que magique. Il se dégage du film énormément d’émotion et de poésie, véhiculant au travers du regard incroyable de Jim Carrey, sans aucun doute le meilleur atout du film. Et mieux encore, après une histoire parfaitement structurée et émouvante, le film trouve encore le moyen de surprendre en jouant sur la chronologie, bluffant tout le monde. Alors certes, le film a manqué de budget pour faire preuve de plus d’ambition, et il aura manqué un petit degré supplémentaire dans l’émotion pour avoir la boule à la gorge, mais nul doute que le film est une immense réussite et que l’originalité de son histoire a fait date.

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