Moi, député

Moi, député
2012
Jay Roach

Surfant sur les élections présidentielles américaines au moment de sa sortie, le film aura aussi connu un intelligent clin d’œil en France, reprenant l’une des célèbres phrases de la campagne de Hollande, « moi, président ». Et comme de par chez nous, la campagne va tourner à la mascarade.

Député sortant de Caroline du Nord, Cam Brady (Will Ferrell) brigue un cinquième mandat. Pas vraiment apprécié, il n’a cependant aucune concurrence. Ne le supportant plus, les républicains décident de lui mettre un candidat entre les pattes : Marty Huggins (Zach Galifianakis). Carrément efféminé, limite obèse, laid, sans le moindre style, et traînant une famille peu sortable derrière lui, il ne semble pas pouvoir peser bien lourd dans la campagne. Mais grâce aux généreux donateurs, les républicains vont faire de lui une tout autre personne, prête à abandonner sa famille et faire subir les pires ignominies à son adversaire. Peu enclin à capitulé devant bibindome-bisounours, Cam fera lui aussi appel à toute sa roublardise.

Après un début mollasson et tombant dans un humour parfois douteux, le film rentre dans le vif de son sujet : deux candidats plus pourris l’un que l’autre, s’attaquant avec les pires coup-bas possibles. Insultes, attaques personnelles, campagnes publicitaires, et dérives physiques : tout est permis. Le problème, c’est que Zach Galifianakis est absolument insupportable, et son personnage n’est ni drôle ni sympathique, plombant méchamment des pans entiers du film. Heureusement, Will Ferrell rehausse le niveau, nous faisant même éclater de rire à quelques moments privilégiés, comme ses campagnes très osées, ou surtout son hilarante percée en voiture. Il y avait donc un véritable pouvoir comique à fort potentiel, mais les trop rares bons moments sont ou trop espacés, ou trop entachés par des âneries typiquement américaines et lourdingues. Et que dire de sa fin, facile, attendue et insipide ? Drôle à l’occasion, le film ne tient pas la longueur.

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