Ted

Ted
2012
Seth MacFarlane

Deuxième plus gros succès de l’histoire pour une comédie, le film aura extorqué  pas moins de 549 M$ dans le monde, dont un excellent 218 M$ aux Etats-Unis, malgré une date de sortie improvisée à la dernière minute et une concurrence d’une rare férocité. Coup de génie ou phénomène inexplicable ?

L’histoire de Ted (Joey Starr), c’est donc celle d’un ours en peluche, qui s’anima un beau jour, après que son propriétaire, John Bennett (Mark Wahlberg), alors âgé de huit ans, fit le vœu d’avoir un copain pour toujours. Et sa prière fut exhaussée, puisqu’au réveil son fidèle ours en peluche devint vivant. Gros phénomène, le buzz du nounours humain se tassa petit à petit. Et 27 ans plus tard, Ted et John sont devenus deux potes tout ce qu’il y a de plus normal, à ceci près que sa vie d’ours débridé, fumeur de joins, alcoolique notoire et pervers fini commence à sérieusement gêner Lori (Mila Kunis), la concubine de John. Voulant former une famille et qu’il devienne enfin un adulte responsable, elle lui posera un ultimatum : soit Ted déménage, soit elle le quitte. Mais on renonce pas si facilement à un délire de 27 ans, même pour la femme de sa vie.

Le film part d’une idée originale et complètement folle : un ours en peluche qui s’anime et devient le meilleur d’un petit garçon. Mais en réalité, la véritable idée est de les faire délirer et abuser de toutes les substances illicites une fois adultes. Or pour éviter l’entrave de « oh la vache un nounours qui parle ! », le film jouera la carte de la fainéantise, en faisant croire que tout le monde s’en fout au bout de 27 années. Bah oui, quoi de plus normal ? La logique est d’ailleurs le dernier des soucis du film : dénué d’organes et de système digestif, Ted peut tout de même se défoncer, boire et manger. Donc on l’aura compris, le film se repose exclusivement sur son humour. La comédie de l’année ? Loin s’en faut, on retrouve les tares américaines habituelles : humour scatophile, en dessous de la ceinture et franchement débile. Certaines scènes sont même désolantes, comme celle de la bagarre entre John et Ted. Côté mauvais goût on soulignera une violente attaque à Superman Returns, pourtant autrement plus abouti que ce film. Heureusement, on retrouve des personnages sympathiques, une bonne ambiance, et quelques gags tellement absurdes qu’on en rit, comme avec ceux sur la vie sexuelle de Ted, ou leur passion désuète pour la vieille série du Flash (héros de Comics). Donc malgré de nombreuses lourdeurs, le film reste amusant, mais très certainement pas au point de mériter son succès disproportionné.

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