In the Air

In the Air
2010
Jason Reitman

Nominé dans six catégories aux Oscars et autant aux Golden Globes, le film n’aura eu que le prix du meilleur scénario pour le second festival. Vendu comme le rôle le plus marquant de la carrière de George Clooney – comme The Descendants le fera deux ans plus tard -, le film avait pourtant été bien accueilli, il est vrai dans des proportions modestes.

Y a t-il un art de vivre ? Une façon de savourer au mieux chaque moment de notre vie ? Pour Ryan Bingham (George Clooney), ça n’est pas une hypothèse, c’est une certitude. Sa vie, son quotidien, il le maîtrise. Son travail c’est plus qu’une vocation, c’est un service rendu à la société. Alors que la crise économique ravage l’industrie du pays, les entreprises n’ont de choix que de licencier à tour de bras, et c’est là que la boîte dans laquelle il travaille intervient – dirigée par Jason Bateman. Pour les patrons trop lâches pour le faire, il se charge de renvoyer humainement son personnel, essayant de montrer que cela n’est pas une fin en soit. Mais plus que son travail, c’est réellement son style de vie qui le rend heureux : sans la moindre attache, il voyage d’hôtel en hôtel, et passe ses journées entre deux avions, un rêve pour lui. Mais son monde va tour à tour s’écrouler. Voulant révolutionner le concept de licenciement, une jeune employée (Anna Kendrick) veut imposer le renvoie par vidéo-conférence : une abomination pour lui. Pire encore, tous ses concepts moraux et familiaux vont s’effondrer dès lors de sa rencontre avec Alex (Vera Farmiga). Et si la vie était meilleure à deux ?

Tel une rock star ou une star d’Hollywood, le film met en avant une homme qui nage dans le bonheur, jouissant de ses passe droit, cartes de fidélités, et se délectant d’un vol, d’une nuit à l’hôtel, et ne rentrant que quelques jours par an chez lui, par dépit. Le sourire du bellâtre et sa simplicité étonnante font que cette philosophie de vie paraît brillante, passionnante, mais tout cela n’est qu’un voile cachant une détresse affective et une solitude pesante. La scène où il rentre chez lui en est le parfait exemple : aussi vide et impersonnel qu’une chambre d’hôtel. La tristesse d’un constat amer : il ne possède rien, et ne compte pour personne. Commence alors une remise en cause, aussi pour les consuméristes, car à quoi bon avoir femme, maison, enfants, si cela ne nous rend pas plus heureux. Sans avoir la prétention de nous livrer la recette du bonheur, le film nous montre comment ne pas s’en éloigner. Sa plus belle image métaphorique est sans nul doute celle du sac, celui qui nous clou au sol entre les encombrantes reliques du passé, et les connaissances nuisibles. Porté par un formidable casting, le film vaut surtout pour son histoire, mais fait montre d’une belle réalisation et s’appuie sur des musiques profondes. Malgré un ton pesant et plutôt triste, le film fait valoir ses qualités et nous fascine.

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