To Rome with Love

To Rome with Love
2012
Woody Allen

Continuant son tour des capitales européennes, Woody Allen s’attaque ici à l’Italie, posant ses caméras à Rome. Malheureusement, alors qu’il écrivait de temps à autre un scénario, il retombe ici dans ses travers de films-chorales, racontant un panel d’histoires, mais dont le seul lien sera la ville, leurs destins ne se croiseront même pas.

Au programme, des amourettes, des rencontres, un casting de rêve, et surtout beaucoup de bizarreries. L’une des histoires les plus ambiguë est celle de Jack (Jesse Eisenberg), architecte. Soit son histoire est un souvenir de John (Alec Baldwin), racontant sa rencontre avec l’ensorcelante Monica (Ellen Page) alors qu’il sortait avec Sally (Greta Gerwig), soit John n’est que le subconscient de Jack. Les autres histoires tournent elles aussi autour du fantasme : un homme banal (Roberto Benigni) s’imagine poursuivit par des paparazzis, un retraité (Woody Allen) délire sur une carrière de chanteur d’opéra sous douche pour le père de son beau-fils, ou encore un jeune homme coincé qui voit une prostituée à se damner (Penelope Cruz) s’offrir à lui.

Rajoutant toujours sa touche colorée à des histoires vivaces, le réalisateur nous livre un film plus mielleux que jamais. Ne nous présentant que des gens heureux au quotidien tranquille et apaisant, et leur amenant en plus sur un plateau leurs plus grands fantasmes, il tombe dans la surenchère et l’outrance, donnant une impression de facilité et d’ennui. Mais le plus gros problème, c’est la présentation de l’histoire et les choix de casting. Tout est confus, brouillon, sans la moindre césure, nous perdant constamment. Est-ce une illusion, un rêve, ou est-ce une réalité improbable et complètement folle ? Et c’est là le problème : on ne sait jamais et la fin n’y répond pas plus. Autre constat douloureux, celui des acteurs. S’il est évident que Woody Allen n’a rien à faire devant la caméra, et il le prouve à nouveau, le choix d’Ellen Page en beauté fatale est douteux, et celui étant supposé être un sexe-symbole du cinéma italien est à mourir de rire : gros, chauve, le nez en patate, les oreilles en choux et le menton fuyant. Un éleveur de porc en somme. Et puis il faut bien dire que même si les histoire sont assez intéressantes, les coups du « moi superstar » et « meilleur chanteur sous la douche » sont très limites. Déjà pas bien inspiré avec Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu, il nous livre ici un film encore plus léger et inconsistant, finissant même par lasser.

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